Cimetière à bateaux de Beg Ar Vilin

Sites & curiosités • Plougrescant

Le cimetière à bateaux de Beg Ar Vilin, à Plougrescant, est un site unique dans les Côtes-d’Armor : il s’agit du tout dernier cimetière à bateaux du département.

Le site doit son existence à une histoire singulière de préservation. Beg Ar Vilin formait traditionnellement un petit havre où les bateaux venaient passer l’hiver, niché dans une anse, le Palud, d’environ un hectare. Au fil du temps, ce port d’hivernage s’est mué en cimetière marin, accueillant les vieilles coques que l’on ne menait plus en mer. Ce qui aurait dû disparaître depuis longtemps a finalement été sauvé : un accord passé avec les autorités maritimes a permis de soustraire ces anciens bateaux de travail à la démolition. C’est cette décision qui fait aujourd’hui de Beg Ar Vilin le tout dernier cimetière à bateaux des Côtes-d’Armor, un statut qui confère au lieu une valeur patrimoniale particulière.

Les embarcations que l’on découvre sur la grève témoignent d’un passé maritime révolu. Les coques échouées remontent pour certaines au début du vingtième siècle et appartenaient à d’anciens bateaux de travail, ceux qui sillonnaient autrefois ce littoral du Trégor. Couchées sur le sable et la vase, lentement reconquises par les éléments, elles offrent au promeneur un spectacle empreint de nostalgie. Le bois patiné, les structures dénudées et les reflets du ciel sur l’eau composent un tableau changeant au gré des marées. Ce dialogue entre les vestiges de la navigation traditionnelle et le décor naturel de la côte fait toute la force évocatrice du site, qui parle autant aux amateurs de patrimoine qu’aux amoureux des paysages bretons.

L’atmosphère du lieu est sans doute ce qui marque le plus les visiteurs. Comme au Pellinec voisin, on est saisi par la beauté et la mélancolie qui se dégagent de ces carcasses abandonnées sur l’estran. La lumière du Trégor, tantôt douce, tantôt dramatique, magnifie ces silhouettes immobiles et en fait un sujet de prédilection pour les photographes et les peintres de passage. Loin d’être un site morbide, ce cimetière marin invite plutôt à la rêverie et à la contemplation, dans le calme d’une anse préservée. Chaque marée recompose la scène, découvrant ou recouvrant les épaves, si bien qu’aucune visite ne ressemble tout à fait à la précédente le long de cette grève singulière.

La situation de Beg Ar Vilin en fait une étape toute naturelle d’une découverte plus large de Plougrescant. La commune est mondialement connue pour son Gouffre de Castel Meur, profonde entaille dans la roche où la mer vient se précipiter à marée haute, et pour la célèbre petite maison nichée entre deux rochers, bâtie en 1861 et observable depuis le sentier. Le cimetière à bateaux s’inscrit ainsi dans un ensemble de curiosités côtières que l’on peut aisément enchaîner au fil de la balade. Cette proximité avec des sites aussi emblématiques renforce l’intérêt d’un détour par Beg Ar Vilin, qui dévoile une facette plus intime et plus secrète de ce bout de presqu’île battu par les vents.

Pour rejoindre le site, le sentier littoral constitue le meilleur des accès. Le GR34 dessert ce secteur de la côte de Plougrescant, reliant le bourg aux pointes découpées en passant par Beg Ar Vilin, la plage de Pors Hir et la Pointe du Château. Cette approche à pied permet de savourer pleinement le cadre, en alternant criques, landes et panoramas marins avant d’atteindre les vieilles coques. La marche, accessible à tous, transforme la visite en une véritable promenade au grand air, propice à l’observation du paysage et de la faune du littoral. Comme à Pellinec tout proche, on y est saisi par la beauté et la nostalgie qui se dégagent de ces anciens bateaux de bois abandonnés, échoués sur la grève dans ce que l’on appelle ici un « cimetière marin ».

Comme à Pellinec tout proche, on y est saisi par la beauté et la nostalgie qui se dégagent de ces anciens bateaux de bois abandonnés, échoués sur la grève dans ce que l’on appelle ici un « cimetière marin ».