Chaire à prêcher

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La chaire à prêcher extérieure de Pleubian, datée du XVe siècle, compte parmi les plus remarquables de Bretagne. Son soubassement de maçonnerie est ceint d’un double rebord circulaire de pierre formant banc, encadré de bénitiers de part et d’autre de l’entrée.

Face à l’église, au nord, un escalier de neuf marches mène à la tribune, ornée d’un parapet de granit. De multiples scènes de la Passion et de la Résurrection y sont sculptées, pleines de vie et d’originalité, autour d’un calvaire central figurant la Crucifixion.

Au cœur de la presqu’île Sauvage, à l’extrémité du Trégor, la commune de Pleubian abrite un monument tout à fait singulier : une chaire à prêcher extérieure datée du XVe siècle, considérée comme l’une des plus remarquables de Bretagne. Ces chaires de plein air, assez rares, permettaient au prédicateur de s’adresser à une foule trop nombreuse pour tenir dans l’église, rassemblée tout autour sur la place. Édifiée en granit, celle de Pleubian se dresse fièrement au centre du bourg, face à l’édifice religieux. Son ancienneté et sa qualité d’exécution en font un témoin précieux de la ferveur et de l’art religieux du Moyen Âge breton.

L’ouvrage repose sur un soubassement de maçonnerie ceint d’un double rebord circulaire de pierre formant banc, encadré de bénitiers de part et d’autre de l’entrée. Du côté nord, face à l’église, un escalier de neuf marches conduit à la tribune, protégée par un parapet de granit. C’est là que se concentre toute la richesse sculptée du monument : de multiples scènes de la Passion et de la Résurrection du Christ y sont figurées, pleines de vie et d’originalité, autour d’un calvaire central représentant la Crucifixion. Ce foisonnement de petits personnages, traités avec une vivacité naïve et expressive, fait de la chaire une véritable bande dessinée de pierre.

Au-delà de sa fonction de prédication, ce monument occupe une place importante dans l’histoire de l’art breton. Les spécialistes y voient en effet l’une des premières tentatives de calvaire historié, c’est-à-dire orné de scènes sculptées racontant la vie et la Passion du Christ. À ce titre, la chaire de Pleubian annoncerait les grands calvaires monumentaux qui fleuriront dans les enclos paroissiaux de Bretagne tout au long du XVIe siècle, comme ceux de Guimiliau ou de Plougastel. Modeste par la taille mais précurseur par l’inspiration, elle constitue un maillon précieux dans l’évolution de cette statuaire religieuse si caractéristique de la région.

L’aura du lieu doit aussi beaucoup à une grande figure de la prédication médiévale, saint Vincent Ferrier. Ce religieux dominicain d’origine espagnole, prédicateur infatigable au verbe puissant, parcourut la Bretagne dans les dernières années de sa vie et mourut à Vannes en 1419, où il est aujourd’hui vénéré. Sa réputation de prêcheur capable d’émouvoir des foules entières a marqué durablement la mémoire de la région. C’est précisément à cette mémoire que se rattache le monument de Pleubian.

Adossée à l’enclos de la chapelle, cette chaire de plein air rappelle l’intensité des grandes campagnes de prédication qui rythmaient la vie religieuse du Trégor à la fin du Moyen Âge. Aujourd’hui paisible, le lieu invite à la promenade et offre un témoignage rare de l’art monumental du granit breton, sculpté pour être lu par tous les fidèles rassemblés en plein vent.

La tradition rapporte que saint Vincent Ferrier y aurait prêché, ce qui ajoute à l’aura de ce monument singulier, planté au cœur de la commune.