Menhirs du Clandy

Mégalithes & préhistoire • Ploumilliau

Menhirs du Clandy

Les menhirs du Clandy se dressent à Ploumilliau, à environ huit kilomètres au sud-ouest de Lannion, dans le secteur du Clandy et de Rest. Ils témoignent de l’occupation préhistorique ancienne de ces terres du Trégor.

L’un d’eux retient particulièrement l’œil : un grand bloc de granite de Trédrez encore debout, de forme pyramidale, mesurant près de deux mètres quatre-vingts de haut sur un mètre cinquante de large.

Le secteur du Clandy, parfois appelé secteur du Rest, conserve la mémoire d’un peuplement très ancien du Trégor. Ploumilliau, commune rurale située à courte distance de Lannion et de la côte, appartient à un territoire particulièrement riche en vestiges préhistoriques. Les pierres dressées que l’on y observe aujourd’hui s’inscrivent dans un ensemble plus vaste de monuments mégalithiques disséminés dans l’arrière-pays. Repérer ces menhirs au milieu d’un paysage agricole, à l’écart des grands sites touristiques, procure le sentiment d’une découverte authentique. Le promeneur curieux d’archéologie trouvera là un témoignage discret mais émouvant des premières sociétés agricoles qui, voici plusieurs millénaires, ont commencé à marquer durablement le territoire breton de leurs édifices de pierre.

Le menhir encore debout retient particulièrement l’attention. Ce grand bloc de granite, taillé dans une roche issue du secteur de Trédrez, dresse sa silhouette pyramidale à près de trois mètres de hauteur, pour une base large d’environ un mètre cinquante. Sa masse imposante et sa forme effilée vers le sommet témoignent du soin avec lequel les hommes du Néolithique ont choisi, déplacé et érigé ces monolithes. Le simple fait qu’une telle pierre ait pu être acheminée puis maintenue debout durant des millénaires force le respect. Observer de près sa surface, ses arêtes et son orientation invite à imaginer les techniques et l’organisation collective qu’a supposées sa mise en place, à une époque dépourvue de tout outillage métallique ou de moyens mécaniques.

Non loin du menhir dressé gît une seconde pierre, aujourd’hui couchée au sol et en partie masquée par la terre et la végétation. De dimensions plus importantes encore lorsqu’on la mesure dans sa longueur, elle complète l’ensemble et laisse penser que le site comptait plusieurs monolithes. Des blocs supplémentaires, fragmentés, pourraient même correspondre à un troisième menhir aujourd’hui disparu. Cette configuration n’a rien d’exceptionnel : nombre de sites mégalithiques associaient plusieurs pierres, parfois alignées, dont seules quelques-unes ont traversé les siècles. Le visiteur doit donc accepter une part d’imagination pour reconstituer mentalement l’allure d’origine du lieu, en gardant à l’esprit que ces monuments ont subi l’usure du temps, des intempéries et des remaniements agricoles successifs.

Le choix du granite de Trédrez n’est pas anodin et illustre le lien étroit entre ces monuments et leur environnement géologique. Les bâtisseurs néolithiques exploitaient les roches disponibles localement, ici une pierre dure et durable extraite à proximité de la côte. Comprendre cette origine permet de relier le menhir au paysage qui l’entoure, des falaises littorales voisines jusqu’aux campagnes du Trégor. Au-delà de leur fonction encore débattue par les chercheurs, sépulcrale, cultuelle, territoriale ou symbolique, ces pierres dressées marquent l’espace et signalent une présence humaine ancienne. Elles s’inscrivent dans la longue tradition mégalithique de l’ouest de la France, dont la Bretagne offre l’une des plus fortes concentrations, et dont chaque site apporte sa pierre à la connaissance de cette période fascinante.

La découverte du site se mérite un peu, car les menhirs se trouvent en pleine campagne, à l’écart des circuits balisés, dans un environnement de champs et de bocage. Une visite respectueuse s’impose : il convient de ne pas dégrader les pierres ni de piétiner les cultures alentour, et de tenir compte du caractère privé de certaines parcelles. La proximité de la croix ancienne et des hameaux voisins rappelle que ce paysage rural a continué de se transformer bien après le Néolithique, superposant les époques. Pour les amateurs de patrimoine, ces pierres dressées offrent une belle occasion de prolonger l’exploration du Trégor, en associant la découverte des mégalithes à celle des chapelles, des calvaires et des sentiers de l’arrière-pays de Lannion.

Ces pierres dressées, héritées du Néolithique, ponctuent le paysage rural et offrent un témoignage discret mais saisissant des premières communautés qui ont façonné la région.

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