Cavalier à l'anguipède

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Cavalier à l'anguipède

À Plouaret, le cavalier à l’anguipède est une sculpture monolithe intrigante, taillée dans un granite à grain fin. Elle représente un cheval et son cavalier dominant un anguipède, créature mythologique mi-homme, mi-serpent, dont l’image traverse l’art depuis l’Antiquité.

L’œuvre provient de la chapelle de Saint-Mathieu, aujourd’hui détruite. À la fin du XIXe siècle, elle a été ramenée au bourg afin d’être préservée, témoignant de l’attention portée à ce patrimoine sculpté singulier.

Pour la protéger des intempéries, la sculpture a été installée dans le porche sud de l’église. Ce choix lui assure un abri tout en la rendant accessible au regard des visiteurs et des curieux d’iconographie ancienne.

Taillée dans un seul bloc de granite à grain fin, légèrement ocre jaune et d’origine locale, la sculpture mesure environ quatre-vingt-huit centimètres de hauteur pour cent trente-trois centimètres de longueur. Elle représente un cavalier et sa monture dominant un anguipède, créature mythologique mi-humaine, mi-animale dont les jambes se terminent en queue de serpent. L’ensemble repose sur une base quadrangulaire. Le cavalier, vêtu d’un court manteau et chaussé de bottes, est brisé au-dessus du bassin ; la tête du cheval et celle du monstre manquent aujourd’hui.

L’iconographie renvoie à un thème antique, celui du dieu cavalier Jupiter foulant aux pieds un monstre anguipède. La créature, figurée ici avec une poitrine féminine, incarne les forces telluriques vaincues par la divinité céleste. Ce motif, diffusé dans l’art gallo-romain, traverse les siècles et se retrouve sur de nombreux monuments. À Plouaret, sa présence intrigue et invite à s’interroger sur la transmission de ces images héritées de l’Antiquité. La sculpture constitue ainsi un précieux témoin de la persistance des thèmes mythologiques dans le patrimoine breton.

Le groupe sculpté a été découvert près du hameau de Saint-Mathieu, en breton Sant-Maho, dans une chapelle aujourd’hui détruite. À la fin du XIXe siècle, on le ramena au bourg afin de le préserver, témoignant de l’attention portée à ce patrimoine singulier. Pour le protéger des intempéries, il fut installé dans le porche sud de l’église paroissiale, qui lui offre un abri tout en le rendant accessible au regard. Ce déplacement, fréquent pour les œuvres menacées, a permis de sauvegarder une pièce rare et de la transmettre aux visiteurs.

Les spécialistes ont étudié de près cette œuvre énigmatique. L’historien de l’art Jean-Yves Éveillard souligne que le groupe de Plouaret se distingue nettement, par sa conception et son exécution, de ses homologues quimpérois. Il y voit le travail d’un praticien moins expérimenté et moins audacieux, observation qui n’enlève rien à l’intérêt de la sculpture. Cette singularité en fait au contraire un jalon précieux pour comprendre la diffusion régionale du motif et la persistance des thèmes antiques dans l’art breton. Le porche de l’église en assure aujourd’hui la bonne conservation.

Librement visible et soigneusement abritée sous le porche, cette pièce rare invite à un détour par Plouaret, où elle prolonge la longue tradition des sculptures énigmatiques héritées de l’Antiquité gallo-romaine en terre bretonne.

Le site se visite librement toute l’année, avec des informations disponibles en quatre langues, et une fiche patrimoine est proposée à l’office de tourisme. Une curiosité à découvrir pour les amateurs d’art religieux et de symbolique médiévale.

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