Archipel des Sept Iles
Réserves & espaces protégés • Perros-Guirec

Située au large de Perros-Guirec, la réserve naturelle des Sept-Îles est la plus grande réserve ornithologique de France. Malgré son nom, elle se compose de cinq îles principales — Rouzic, Malban, Bono, l’Île Plate et l’Île aux Moines — auxquelles s’ajoutent plusieurs îlots et récifs.
Créée en 1976, elle abrite une biodiversité remarquable : on y observe la seule colonie française de fous de Bassan, mais aussi des macareux moines, cormorans huppés, guillemots et phoques gris.
La protection de cet archipel ne date pas d’hier : c’est dès 1912 que la Ligue pour la protection des oiseaux, alors naissante, prit en charge la sauvegarde des Sept-Îles, émue par le massacre des macareux par des chasseurs. Ce combat fondateur a fait du site l’un des berceaux de la protection de la nature en France. Classé réserve naturelle nationale en 1976, l’espace a vu son périmètre considérablement agrandi en 2023, par l’intégration de l’île Tomé, en baie de Perros-Guirec, et du plateau rocheux des Triagoz, devenant ainsi la plus vaste réserve naturelle de toute la France métropolitaine.
Cette protection profite à une avifaune marine d’une richesse remarquable : environ dix-huit mille cinq cents couples, répartis en onze espèces différentes, nichent chaque année sur l’archipel, soit près d’un dixième des oiseaux marins nicheurs de la France continentale. L’île de Rouzic en est le joyau, puisqu’elle accueille l’unique colonie française de fous de Bassan, ces grands oiseaux blancs aux ailes bordées de noir, dont on compte plusieurs milliers de couples serrés sur ses pentes. Pingouins torda et puffins des Anglais complètent ce peuplement, faisant de la réserve un spectacle ornithologique sans véritable équivalent sur nos côtes.
L’archipel n’est pas qu’un royaume d’oiseaux : il abrite aussi l’une des principales colonies de phoques gris des côtes françaises. Selon les saisons, trente à deux cents individus fréquentent ses eaux et ses rochers, et l’on y dénombre chaque année plusieurs dizaines de naissances, soit une part majeure des naissances recensées en métropole. Pour comprendre et observer cette vie foisonnante sans la déranger, la Ligue pour la protection des oiseaux anime une maison de la réserve sur le continent, à l’Île-Grande, équipée de longues-vues braquées en direct sur les colonies et proposant expositions et animations pour petits et grands.
L’accès à ce sanctuaire est strictement encadré afin de préserver la quiétude des espèces : on ne débarque pas librement sur les îles, et la plupart se découvrent depuis la mer, à distance respectueuse des colonies. Des vedettes proposent, à la belle saison, des tours commentés qui longent les îlots et permettent d’admirer fous de Bassan et phoques dans leur milieu naturel. Cette approche maritime, doublée d’une sensibilisation à la fragilité des lieux, garantit que la fréquentation touristique reste compatible avec la vocation première de la réserve : la protection de la faune sauvage.
Seule île ouverte à la visite, l’Île aux Moines conserve un fort militaire du XVIIIe siècle et un phare. La découverte de l’archipel se fait surtout en bateau, au départ de Perros-Guirec, dans le respect de cet espace protégé.
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