Chapelle Saint Gonval

Patrimoine religieux • Penvénan

Chapelle Saint Gonval

Située dans l’ancienne frairie de Trégonval, la chapelle Saint-Gonval est un édifice datant probablement du XVIIIe siècle. D’après René Couffon, elle fut donnée à la fabrique le 20 juin 1825 par Jeanne-Marie Le Braz, puis érigée en chapelle de secours le 15 mars 1826.

Son élévation sud a été remaniée au XXe siècle, avec le percement de baies cintrées. La chapelle se trouve à proximité immédiate du site mégalithique de Tossen Keller, ce qui ajoute à l’intérêt du lieu.

La chapelle présente un plan rectangulaire des plus sobres, avec un chevet plat et une nef unique, bâtie en moellons de granit et couverte d’une toiture à longs versants aux pignons découverts soulignés de rampants à crossettes. Le pignon occidental abrite une porte en plein cintre que surmonte un petit clocheton de maçonnerie, tandis qu’un oculus a été percé au-dessus de l’entrée. Le pignon oriental est quant à lui couronné d’une croix latine. Cette architecture modeste, dépourvue d’ornements superflus, est typique des chapelles de frairie qui parsemaient la campagne bretonne : chaque quartier d’une grande paroisse disposait ainsi de son lieu de culte de proximité. Le granit et l’ardoise, matériaux du pays, donnent à l’édifice cette allure rustique et homogène qui s’accorde au paysage rural de Penvénan.

Le mot frairie, qui désigne l’ancien cadre administratif de Trégonval, mérite que l’on s’y arrête. En Bretagne, la frairie était une subdivision de la paroisse, héritière lointaine des anciennes organisations claniques d’entraide. Chaque frairie réunissait les habitants d’un même secteur autour d’obligations communes et, bien souvent, d’une chapelle où l’on se rassemblait pour les dévotions et les fêtes. Ce système structurait profondément la vie des campagnes trégorroises avant la Révolution, mêlant solidarité villageoise et pratique religieuse. La chapelle Saint-Gonval était précisément le foyer spirituel de la frairie de Trégonval, point de ralliement de sa population. Comprendre cette institution éclaire la raison d’être de ces innombrables sanctuaires ruraux : non de simples annexes de l’église paroissiale, mais les cœurs vivants de communautés locales soudées.

La proximité immédiate du site mégalithique de Tossen Keller confère au lieu une épaisseur historique remarquable, qui remonte bien au-delà de l’époque chrétienne. Ce tumulus a fait l’objet de fouilles dans les années 1960 afin de sauvegarder ses précieuses stèles gravées, alors menacées de destruction. Les pierres de l’enceinte furent un temps déplacées et entreposées sur les quais de Tréguier, loin de leur site d’origine. Ce n’est qu’à la fin des années 2010 qu’elles ont enfin retrouvé leur commune, réinstallées sur le site réaménagé aux abords de la chapelle Saint-Gonval. Cette cohabitation d’un monument néolithique et d’un sanctuaire chrétien illustre la longue continuité de l’occupation humaine en ce lieu, où les âges se superposent. Le voisinage du mégalithe et de la chapelle compose un ensemble patrimonial singulier, propice à la découverte.

L’histoire de la chapelle Saint-Gonval s’enracine dans la dévotion d’une famille locale et dans le fonctionnement très concret de la fabrique paroissiale, l’institution qui administrait les biens et le culte. Sa donation puis son érection en chapelle de secours, dans la première moitié du XIXe siècle, montrent comment ces édifices pouvaient renaître ou changer de statut au gré des générosités privées et des besoins de la communauté. Une chapelle de secours soulageait l’église-mère en offrant aux habitants éloignés un lieu de culte plus accessible. L’historien René Couffon, auteur d’un répertoire de référence sur les églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, a consigné ces étapes, ce qui permet aujourd’hui de retracer avec précision le parcours d’un sanctuaire qui aurait pu, sans ces archives, sombrer dans l’oubli.

Au fil du XXe siècle, l’édifice a connu plusieurs interventions, comme en témoigne le remaniement de son élévation méridionale et la reprise de certaines parties, qui ont assuré sa conservation jusqu’à nos jours. Niché au milieu des chemins de randonnée de la presqu’île, à courte distance de grands itinéraires de promenade et de boucles cyclables de la Côte de Granit Rose, le site se prête idéalement à une halte au cours d’une balade. Le mieux est de planifier sa découverte aux dates où le sanctuaire s’anime et se laisse visiter de l’intérieur, l’occasion d’apprécier pleinement son atmosphère et son cadre mégalithique. Ainsi abordée, la chapelle Saint-Gonval offre bien plus qu’un simple point de vue : une véritable plongée dans la mémoire rurale et sacrée du Trégor.

Elle n’est ouverte qu’à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, le samedi toute la journée et le dimanche après-midi.

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