Chapelle des Paulines

Patrimoine religieux • Tréguier

Chapelle des Paulines

Édifiée en 1760, la chapelle des Paulines recèle d’intéressants décors intérieurs. On y admire une tribune ornée d’un orgue factice et de draperies peintes en trompe-l’œil, ainsi qu’une arcade qui séparait jadis le chœur des religieuses de la nef.

Côté chœur, cette arcade porte les armes du pape Pie IX. Le plafond peint se pare de portraits, et les vitraux datent du XIXe siècle.

La chapelle des Paulines doit son nom à la communauté religieuse qui l’occupait. Édifiée au cœur de Tréguier, elle servait de lieu de culte aux religieuses, dont le chœur restait séparé de la nef réservée aux fidèles. Cette organisation de l’espace, typique des chapelles conventuelles, explique la présence de l’arcade qui partageait jadis l’édifice en deux. Le visiteur d’aujourd’hui peut encore lire dans l’architecture cette ancienne distribution, où la clôture protégeait le recueillement des sœurs. Comprendre cette logique aide à apprécier l’ensemble du décor, conçu pour orner l’espace des religieuses. Derrière sa façade discrète, la chapelle conserve ainsi le témoignage d’un mode de vie monastique révolu, et offre un aperçu précieux de l’histoire religieuse de la cité épiscopale du Trégor.

Le décor peint constitue l’attrait majeur de l’édifice. Sur la tribune, un orgue factice et des draperies en trompe-l’œil créent une illusion saisissante, jouant sur les volumes et les perspectives pour enrichir un espace pourtant modeste. Cet art de la fausse architecture, très prisé au XIXe siècle, transforme les murs en surfaces vivantes. Les encadrements ornés de volutes gracieuses sont attribués au peintre décorateur Raphaël Donguy, proche de l’évêque Augustin David. Le savoir-faire déployé révèle une volonté d’embellir le lieu sans recourir à de coûteux aménagements. Pour le visiteur attentif, ces trompe-l’œil offrent une véritable leçon de regard, invitant à distinguer le réel du peint. Ils témoignent du goût d’une époque pour l’illusion et la mise en scène au service de la dévotion.

Les armoiries inscrites de part et d’autre de l’arcade racontent une histoire. Côté chœur, les armes du pape Pie IX, dont le pontificat marqua le XIXe siècle, font écho à celles de l’évêque Augustin David placées en vis-à-vis. Ce dialogue héraldique ancre l’édifice dans son contexte religieux et permet de dater les campagnes de décoration. Le plafond peint, paré de portraits de saints datés de 1871 et signés par Jacques-Marie Herlido, peintre décorateur de Guingamp, complète cet ensemble cohérent. Chaque détail, des armoiries aux figures de la voûte, contribue à raconter la vie spirituelle du lieu. Ces éléments, soigneusement documentés, offrent au visiteur de véritables repères, et font de la chapelle un témoin précieux de l’art religieux breton de cette période.

Situer la chapelle dans Tréguier en révèle tout l’intérêt. La ville, classée Petite Cité de Caractère, fut le siège épiscopal historique du Trégor et s’organise autour de sa majestueuse cathédrale Saint-Tugdual et de son cloître. C’est ici que repose saint Yves, ou Sant Erwan en breton, vénéré comme protecteur des juristes. En arpentant les ruelles depuis la place du Martray jusqu’au port installé sur le Jaudy, le promeneur croise un patrimoine d’une grande richesse, dont la maison natale de l’écrivain Ernest Renan. Dans ce décor, la chapelle des Paulines apparaît comme une étape de plus dans la découverte d’une cité au passé prestigieux. Sa visite s’intègre naturellement à une flânerie patrimoniale au cœur de ce joyau des Côtes-d’Armor.

La chapelle a su trouver une nouvelle vie. Loin de rester un simple vestige, elle accueille désormais des expositions qui animent ses murs et lui donnent une vocation culturelle. Cette réutilisation permet de préserver le lieu tout en l’ouvrant à un public varié, curieux d’art ou de patrimoine. Au fil des saisons, les propositions changent et invitent à revenir, dans un cadre chargé d’histoire qui dialogue avec les créations présentées. Ce mariage entre décor ancien et démarches contemporaines fait tout le charme de l’endroit. Pour le visiteur, c’est l’occasion de conjuguer la découverte d’un édifice du XVIIIe siècle et la rencontre avec des expressions actuelles, dans un même parcours. La chapelle illustre ainsi comment un patrimoine ancien peut continuer à vivre.

Aujourd’hui, la chapelle accueille des expositions. L’entrée y est libre, selon les horaires d’ouverture.

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