Sainte-Anne d'Auray – Circuit cyclo – A deux pas de chez nous

Vélo & cyclotourisme • Sainte-Anne-d'Auray

À Sainte-Anne-d’Auray, ce circuit cyclo facile invite à pédaler dans les pas du paysan Yvon Nicolazic, à qui sainte Anne serait apparue avant qu’il ne déterre, en 1625, une statue à son effigie. Ce récit est à l’origine du célèbre sanctuaire.

Au départ de la mairie, l’itinéraire emprunte les chemins creux, véritable colonne vertébrale du bocage, qui guident parmi les champs clos de talus. Au loin, Auray se dessine, séparé par la vallée du Loch.

À quelques kilomètres d’Auray, Sainte-Anne-d’Auray est le plus important lieu de pèlerinage de Bretagne, ce qui confère à cette balade à vélo une dimension à la fois spirituelle et patrimoniale. Accessible à tous, l’itinéraire privilégie les petites routes et les chemins tranquilles, à l’écart de la circulation, pour une découverte en douceur du pays vannetais. Il relie le bourg, marqué par la silhouette de son sanctuaire, à une campagne paisible faite de bocage, de hameaux et de terres cultivées. Court et sans difficulté, le parcours se prête à une sortie familiale, ponctuée d’arrêts pour observer le paysage ou se replonger dans la riche histoire des lieux traversés.

L’histoire du lieu est indissociable d’Yvon Nicolazic, paysan du hameau de Keranna, à qui sainte Anne, mère de la Vierge, serait apparue à plusieurs reprises au début du XVIIe siècle. Dans la nuit du 7 mars 1625, guidé par ces visions, il aurait mis au jour dans son champ, au lieu-dit Bocéno, une ancienne statue de bois représentant la sainte. L’événement, vite connu, suscita un afflux de fidèles et donna naissance à une dévotion qui ne s’est jamais démentie. Autour de ce récit fondateur s’est construite la réputation de Sainte-Anne-d’Auray, devenue un haut lieu de la foi populaire bretonne.

Le sanctuaire qui s’élève aujourd’hui à Sainte-Anne-d’Auray attire chaque année des milliers de pèlerins, notamment lors du grand pardon de la fin juillet, l’un des plus suivis de la région. La basilique, son esplanade, sa fontaine et la Scala Sancta composent un vaste ensemble dédié à la grand-mère du Christ, très vénérée en pays breton. Ce rayonnement religieux a profondément marqué l’identité du bourg et de ses environs, façonnant routes, hébergements et traditions au service de l’accueil des fidèles. À vélo, on mesure combien ce passé a structuré le territoire, dont les chemins convergent encore aujourd’hui vers ce foyer de spiritualité majeur.

Le secteur fut aussi le théâtre d’un épisode décisif de l’histoire bretonne. Le 29 septembre 1364, la bataille d’Auray opposa Jean de Montfort, appuyé par les troupes anglaises de John Chandos, à Charles de Blois et à Bertrand du Guesclin, qui défendaient le camp adverse. L’affrontement tourna à l’avantage de Montfort : Charles de Blois y perdit la vie et Du Guesclin fut fait prisonnier, mettant un terme à la longue guerre de Succession de Bretagne. Le traité de Guérande, signé l’année suivante, reconnut Jean IV comme duc. C’est tout près de ces lieux chargés de mémoire que se poursuit l’itinéraire.

En chemin, on imagine les troupes de Charles de Blois et de Du Guesclin s’engageant dans les marais en 1364, et l’on observe la nature autour des roselières et du pont de Toul Er Goug. Une boucle facile mêlant histoire, patrimoine et campagne.