Fontaine Sainte Marguerite
Sites & curiosités • Saint-Quay-Perros
À Saint-Quay-Perros, la fontaine Sainte-Marguerite perpétue le souvenir de la patronne de la paroisse. Sainte Marguerite y était invoquée pour obtenir de bons accouchements : selon la légende, elle serait sortie indemne des entrailles d’un dragon, ce qui lui valut d’être priée par les femmes enceintes.
L’édifice présente un fronton triangulaire dont la niche, à l’origine, abritait une statue de la sainte. Celle-ci a aujourd’hui disparu, mais la structure conserve son charme et témoigne de l’importance des fontaines sacrées dans la vie religieuse bretonne d’autrefois.
Sur la gauche de la fontaine s’étend un lavoir dallé d’environ cinq mètres sur deux. Ce type d’aménagement rappelle que ces points d’eau cumulaient souvent les fonctions, mêlant dévotion populaire et usages quotidiens comme la lessive.
La fontaine remonte au XVIIIe siècle et honore sainte Marguerite d’Antioche de Pisidie, l’une des figures les plus populaires de la dévotion bretonne. Patronne de la paroisse de Saint-Quay-Perros, elle était particulièrement invoquée par les femmes enceintes, qui venaient lui demander des accouchements heureux. Cette spécialisation explique la fréquentation ancienne du lieu, où l’on associait la sainte à la protection de la mère et de l’enfant. La fontaine s’inscrit ainsi dans le vaste réseau des fontaines sacrées qui maillaient autrefois les campagnes du Trégor.
La légende attachée à sainte Marguerite nourrit cette ferveur. Selon la tradition, la jeune chrétienne aurait été engloutie par un dragon parce qu’elle refusait de renoncer à sa foi. Tenant une croix à la main, elle serait ressortie indemne des entrailles du monstre, image saisissante qui fit d’elle la protectrice des parturientes. Ce récit, largement répandu dans l’iconographie chrétienne, donnait tout son sens au pèlerinage des futures mères. La fontaine devenait alors le support concret d’une prière, mêlant croyance, espérance et gestes rituels transmis de génération en génération.
Sur le plan architectural, l’édifice se distingue par son fronton triangulaire percé d’une niche. La statue d’origine de la sainte a disparu au fil du temps, mais la niche accueille aujourd’hui une représentation de la vierge et martyre, réalisée par le sculpteur David Puech en 2011. Cette intervention contemporaine a permis de redonner un visage à la fontaine et de prolonger une dévotion plusieurs fois centenaire. La structure de granit, sobre et harmonieuse, conserve ainsi son rôle de repère et continue d’attirer le regard des promeneurs de passage.
Sur la gauche s’étend un lavoir dallé d’environ cinq mètres sur deux mètres trente, vestige d’un temps où ces points d’eau cumulaient les fonctions. On y venait laver le linge tout en honorant la sainte, signe que dévotion populaire et travaux quotidiens se côtoyaient sans heurt. Cette cohabitation des usages, sacrés et domestiques, caractérise bien le petit patrimoine rural breton. Aujourd’hui entretenue, la fontaine Sainte-Marguerite se découvre librement, au détour d’une promenade, comme un témoignage discret de la piété populaire d’autrefois.
Accessible toute l’année et joliment intégrée à son environnement champêtre, la fontaine récompense les curieux de légendes et d’histoire locale, qui prendront le temps d’en détailler le fronton sculpté et le lavoir attenant avant de poursuivre leur promenade.
Discrète et nichée dans son cadre rural, la fontaine Sainte-Marguerite se découvre au gré d’une promenade à Saint-Quay-Perros. Un petit patrimoine attachant pour les amateurs de légendes et de traditions locales.