Maison de la Mer
Savoir-faire & terroir • Trédrez-Locquémeau
Le port de Locquémeau est un port mixte, à la fois de plaisance et de pêche. La partie plaisance, gérée par la mairie, est organisée en zone de mouillages, tandis que le site constitue un lieu de mise en marché pour les pêcheurs à pied qui y récoltent des coquillages.
Bien visible face au port de pêche, la Maison de la Mer a été ouverte en 2009 à la demande des professionnels. Elle remplit une double fonction au service de la filière locale.
Le port de Locquémeau, sur la commune de Trédrez-Locquémeau, occupe un site pittoresque au creux de la baie de Lannion, sur la côte de granit rose. Ce petit port mixte mêle bateaux de plaisance et embarcations de pêche, dans une ambiance maritime authentique encore bien vivante. Niché au pied de coteaux verdoyants, abrité des vents dominants, il offre un mouillage apprécié et un cadre charmant que longe le sentier des douaniers. Loin des grands ports industriels, Locquémeau a su préserver une activité halieutique à taille humaine, étroitement liée à la richesse des fonds et des estrans de ce secteur du Trégor, réputés pour leurs ressources en poissons et en coquillages.
La pêche à pied professionnelle constitue ici une activité de premier plan. À marée basse, lorsque la mer se retire et découvre de vastes estrans, une vingtaine de professionnels arpentent les bancs pour récolter les coquillages à la main, métier exigeant qui réclame endurance et connaissance fine du littoral. Cette pratique, strictement encadrée et soumise à autorisation, s’exerce sur de nombreux gisements répartis bien au-delà de la seule baie de Lannion, depuis les bancs de Guer et du Yaudet jusqu’aux estrans de Trébeurden, et parfois jusqu’aux lointaines grèves de la baie du Mont-Saint-Michel. Une activité saisonnière et physique, rythmée par le calendrier des marées.
Les coquillages ainsi ramassés sont essentiellement des palourdes, qu’elles soient de souche européenne ou japonaise, et des coques, pêchées notamment dans les gisements du Trégor. Une fois récoltés, ces produits doivent être soigneusement dégorgés, c’est-à-dire débarrassés de leur sable, puis conservés au frais dans de bonnes conditions avant d’être commercialisés. C’est tout l’enjeu de la filière : garantir au consommateur des coquillages d’une fraîcheur et d’une qualité irréprochables, dans le respect des normes sanitaires. Ce circuit court, qui valorise le travail des pêcheurs locaux, illustre une économie maritime de proximité, ancrée dans le territoire et soucieuse de préserver la réputation des produits de la mer bretons.
Pour soutenir cette filière fragile, les professionnels avaient besoin d’un équipement adapté, à la fois pratique et conforme aux exigences d’hygiène. C’est précisément la vocation de la Maison de la Mer, pensée comme un outil collectif au service des pêcheurs du port. Sa création a permis de mutualiser des moyens que chacun n’aurait pu financer seul, et de professionnaliser le stockage comme la mise en marché des produits. Implantée face au port, elle est ainsi devenue un maillon essentiel de la vie maritime locale, un lieu discret mais indispensable où transitent, chaque jour, les fruits du travail accompli sur l’estran. Concrètement, elle met à disposition plusieurs installations spécialisées.
Elle abrite deux chambres froides mises à disposition par la chambre de commerce, l’une dédiée au poisson et l’autre aux coquillages, ainsi que six viviers que se partagent les pêcheurs à pied professionnels.