Ploemel – Circuit Tro Plenuer
Randonnée • Ploemel
Balisé en jaune et de difficulté moyenne, le circuit Tro Plenuer invite à découvrir Ploemel par ses chemins creux et ses sous-bois. Le parcours longe par endroits la voie ferrée du Tire-Bouchon, animée par les trains touristiques de l’été.
En chemin, le parc de Mané Bogad et son étang offrent une halte agréable, avec jeux pour enfants, tables de pique-nique et parcours sportif. L’itinéraire traverse hameaux et landes au gré des paysages.
Balisé en jaune, le circuit Tro Plenuer — littéralement le « tour de Plenuer », ancien nom breton de Ploemel — invite à une immersion dans la campagne par ses chemins creux et ses sous-bois. Ces voies encaissées, bordées de talus plantés d’arbres et d’arbustes, constituent une signature des paysages bretons : creusées par le passage répété des hommes, des bêtes et des charrettes au fil des siècles, elles s’enfoncent parfois de plusieurs mètres sous le niveau des champs. Véritables corridors écologiques, elles abritent une faune et une flore discrètes, offrent l’ombre en été et coupent le vent en hiver. Cheminer dans ces tunnels de verdure, au sol parfois tapissé de fougères et de mousses, procure une sensation d’intimité avec la nature et plonge le promeneur dans une Bretagne rurale demeurée à l’écart du temps.
Le parcours alterne ces passages ombragés avec des hameaux de pierre, des landes ouvertes et des espaces aménagés pour la détente. Le parc de Mané Bogad, avec son étang paisible, constitue une halte idéale en famille : on y trouve des jeux pour enfants, des tables de pique-nique et un parcours sportif invitant à se dégourdir les jambes. Par endroits, le sentier longe la voie ferrée du Tire-Bouchon, cette ligne pittoresque qui, l’été, voit circuler les trains touristiques reliant Auray à la presqu’île de Quiberon et déversant leur flot de vacanciers vers les plages. Au gré des saisons, le paysage se pare des couleurs des landes, du jaune éclatant des ajoncs au printemps aux nuances mauves de la bruyère à la fin de l’été, composant un tableau typiquement morbihannais.
Cette portion du Morbihan, toute proche de Carnac, compte parmi les territoires les plus riches au monde en monuments préhistoriques. Dolmens, allées couvertes, menhirs et tombes à couloir y parsèment landes et champs, vestiges des sociétés néolithiques qui peuplaient la région voici plusieurs millénaires. L’étude de ces pierres doit beaucoup à Zacharie Le Rouzic, figure marquante de l’archéologie locale : autodidacte passionné devenu conservateur du musée de Carnac, il consacra sa vie à fouiller, relever et préserver des centaines de mégalithes au début du XXe siècle. Son travail méthodique a permis de sauver de l’oubli quantité de monuments et de mieux comprendre les rites funéraires et les croyances de ces bâtisseurs. C’est à lui que l’on doit la mise en valeur de nombreux sites encore visibles aujourd’hui dans toute la région.
Le promeneur attentif découvrira, au détour du sentier, les traces tangibles de ce lointain passé. Quelques pierres dressées subsistent çà et là en contrebas, ultimes vestiges d’un ancien alignement de menhirs aujourd’hui démantelé, tandis que se devine la masse arrondie d’un tertre recouvrant une sépulture vieille de plusieurs millénaires. Ces témoins de granit, fondus dans le paysage agricole et longtemps englobés dans un tumulus de terre, rappellent que l’on chemine ici sur une terre habitée, cultivée et sacralisée depuis le fond des âges. Ils constituent le clou de la promenade et récompensent celui qui prend le temps de quitter un instant le chemin balisé pour s’en approcher.
Point fort de la balade, le dolmen de Mané Bogad, classé Monument Historique depuis 1931, témoigne du Néolithique. Fouillé par l’archéologue Zacharie Le Rouzic, il s’accompagnait d’un alignement de menhirs dont quelques pierres subsistent en contrebas.