Matao Rollo, conteur
Randonnée • Sérent
À Sérent, Matao Rollo est un conteur à l’histoire aussi savoureuse que celles qu’il raconte, de sa naissance un 14 juillet à ses racines de l’Oust et du gallo.
Dedans ou dehors, en français ou en gallo, à pied ou sur les mains, le décor importe peu : pour lui, seuls comptent les mots, et c’est l’auditoire qui plante le décor.
Sérent appartient au pays gallo, cette Haute-Bretagne où l’on parle traditionnellement le gallo, langue romane distincte du breton. La commune s’étire au bord de l’Oust, dont le cours marque l’une de ses limites, dans un paysage de bocage parsemé de chapelles et de manoirs. C’est dans ce terroir profondément enraciné que Matao Rollo a choisi de s’installer et de faire entendre ses récits. Le contexte n’est pas anodin : ici, la parole transmise de génération en génération, les veillées et les histoires de pays font partie d’un héritage encore vivant. Le conteur puise dans cette matière locale autant que dans la grande tradition de la littérature orale, offrant un ancrage géographique et culturel fort à son art du récit.
Le parcours de Matao Rollo s’est nourri d’une formation à la littérature orale, auprès de spécialistes qui ont structuré sa pratique du conte. Il situe volontiers ses débuts dans l’ambiance des veillées, là où l’on écoute et où l’on ose, à son tour, prendre la parole. D’abord pensé comme un moyen de promouvoir et de transmettre le gallo, le conte est peu à peu devenu pour lui une véritable manière d’être au monde et d’aller vers les autres. Depuis une quinzaine d’années, il prend plaisir à porter la parole partout, y compris là où on ne l’attend pas forcément. Cette trajectoire explique la liberté de ton et la générosité qui caractérisent ses interventions, toujours tournées vers le partage.
Ce qui frappe chez ce conteur, c’est sa capacité à s’adapter à tous les cadres. Dedans ou dehors, en français ou en gallo, son art repose sur l’essentiel : le mot et l’imaginaire. Le décor matériel compte peu, car c’est l’auditoire qui, en écoutant, bâtit lui-même les paysages et les visages des personnages. Cette économie de moyens place l’écoute au centre de l’expérience et redonne au récit oral toute sa force d’évocation. Loin du spectacle figé, chaque séance prend une couleur particulière selon le public et le lieu. Pour le visiteur curieux de culture bretonne, c’est l’occasion de retrouver une tradition séculaire, celle du conteur de pays, dans une forme accessible et chaleureuse qui parle à tous les âges.
Le répertoire de Matao Rollo ne se limite pas aux contes hérités du passé. Il crée aussi des formes scéniques sur des thèmes plus contemporains, en croisant différentes disciplines artistiques à partir de la matière des traditions orales. Cette démarche montre que le conte n’est pas un objet de musée, mais un langage vivant, capable de dire le présent autant que de raconter le merveilleux. Selon l’envie, on peut donc le retrouver pour une histoire savoureuse en gallo, une veillée pleine d’humour ou une création plus ambitieuse. Cette diversité fait du conteur un compagnon idéal pour découvrir la culture de Haute-Bretagne autrement, par la voix et l’imaginaire, en famille comme entre amis, au gré des saisons et des occasions.
À Sérent et alentour, dans la vallée de l’Oust et le pays de Malestroit, faire appel à un conteur de ce talent, c’est s’offrir une parenthèse hors du temps. Loin des écrans et de l’agitation, on retrouve le plaisir simple d’écouter une histoire bien racontée, portée par une voix et un sens du rythme. Pour les familles en vacances comme pour les habitants, ces moments tissent un lien direct avec la mémoire et la langue du territoire. Ils prolongent aussi la découverte du patrimoine local, en lui donnant une résonance humaine et sensible. Quelle que soit l’envie de conte, le visiteur trouvera là une expérience authentiquement bretonne, où l’imaginaire partagé devient le plus beau des souvenirs de voyage.
Quelle que soit l’envie de conte, Matao trouve ce qu’il faut, pour un moment d’écoute et d’imaginaire partagé.