Circuit des landes de la Villaunay
Randonnée • Sérent
À Sérent, ce circuit met le cap sur l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, classée Monument historique, réputée pour ses vitraux représentant les patrons des chapelles du territoire.
Le chemin passe près du manoir et de la chapelle de la Ville Gros, du XVIIe siècle, puis, après un court détour, devant la chapelle Saint-Symphorien de Couësboux, en granit, qui abrite une statue en bois polychrome.
Sérent s’inscrit dans le pays des Landes de Lanvaux, ce long alignement de reliefs schisteux qui traverse le Morbihan d’ouest en est, à courte distance de Vannes. Le paysage y mêle bois, landes, prairies bocagères et petits cours d’eau, dessinant une campagne authentique propice à la randonnée. La commune, ancrée dans une tradition rurale vivace, conserve un patrimoine bâti dispersé entre bourg, hameaux, manoirs et chapelles, que le circuit relie à la manière d’un fil conducteur. Les chemins creux, bordés de talus plantés, témoignent de l’organisation ancienne du territoire agricole. Marcher ici, c’est traverser une Bretagne intérieure préservée, loin de l’agitation côtière, où chaque détour révèle un calvaire, une fontaine ou un édifice chargé d’histoire locale.
L’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul, classée au titre des Monuments historiques, constitue le point d’orgue patrimonial du parcours. Ses vitraux, qui représentent les saints patrons des nombreuses chapelles disséminées sur le territoire, en font un véritable inventaire imagé de la dévotion locale : chaque verrière renvoie à un lieu de culte du pays sérentais, comme une carte spirituelle de la commune. L’édifice, plusieurs fois remanié au fil des siècles, conserve la trace des époques successives qui ont façonné l’art religieux breton. La fraîcheur de la nef offre une halte appréciable au cours de la balade. Pour le visiteur curieux, c’est l’occasion de comprendre comment les chapelles de campagne et l’église-mère du bourg formaient autrefois un réseau cohérent.
Le manoir et la chapelle de la Ville Gros, datés du XVIIe siècle, jalonnent ensuite l’itinéraire. Ces ensembles seigneuriaux de granit, propriétés privées que l’on découvre depuis le chemin, illustrent l’architecture rurale aristocratique de l’époque moderne, avec leurs lignes sobres et leurs matériaux du pays. La chapelle Saint-Symphorien de Couësboux, également bâtie en granit, mérite le court détour : elle abrite une statue en bois polychrome de son saint patron, témoignage de la statuaire religieuse qui ornait ces sanctuaires de campagne. Ces édifices modestes mais soignés rappellent l’importance des fondations privées et des dévotions de proximité dans la Bretagne d’autrefois. Disposés au cœur des terres cultivées, ils ponctuent la marche de repères patrimoniaux et de points de vue sur le bocage environnant.
La Maison du costume breton, autre étape marquante, prolonge la découverte dans un registre ethnographique. Ce musée retrace deux siècles d’histoire des terroirs de Bretagne à travers costumes, coiffes, broderies et accessoires, offrant un large panorama entre traditions gallèses et bretonnantes. On y mesure la diversité des pays bretons, chacun ayant développé ses propres habits de fête, de deuil ou de travail, signes d’appartenance autant qu’objets d’art populaire. La richesse des broderies et la finesse des coiffes émerveillent les visiteurs et donnent à comprendre tout un monde rural disparu. Cette visite éclaire d’un jour précieux le patrimoine rencontré le long du chemin, en rappelant que derrière les pierres vivaient des communautés aux usages vestimentaires codifiés et profondément identitaires.
Au-delà de ses étapes patrimoniales, le circuit traverse de vastes landes et des chemins forestiers caractéristiques du massif de Lanvaux. Le terrain, vallonné sans excès, alterne sous-bois ombragés, sentiers entre ajoncs et bruyères, et passages bocagers ouverts sur la campagne. Le printemps et le début de l’automne offrent les ambiances les plus agréables, avec la floraison des landes puis les couleurs chaudes des feuillages ; il convient de prévoir de bonnes chaussures et de l’eau, les commerces étant rares en chemin. Les amateurs de patrimoine, de nature et de tranquillité y trouveront une boucle complète et dépaysante, à savourer sans hâte, qui résume à elle seule le caractère paisible et profondément breton de ce coin du Morbihan intérieur.
La balade conduit aussi à la Maison du costume breton, un musée qui retrace 200 ans d’histoire des terroirs de Bretagne, entre pays gallo et bretonnant, à travers costumes et accessoires.