Chapelle Notre Dame de Bonne-Nouvelle

Patrimoine religieux • Lanmodez

Chapelle Notre Dame de Bonne-Nouvelle

Construite au XVe siècle puis reconstruite en 1736, la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle se dresse en front de mer, dans un petit enclos auquel on accède par un échalier.

Dédiée à la patronne des marins, elle conserve plusieurs ex-voto marins sous forme de maquettes de bateaux, témoins de la dévotion des gens de mer. Les femmes en désir d’enfant venaient également y prier.

La chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle occupe à Lanmodez une situation rare, à quelques mètres seulement du rivage, sur la presqu’île de Lézardrieux que l’on surnomme la Presqu’île Sauvage. Ce coin de Trégor maritime, resserré entre les estuaires du Trieux et du Jaudy, conserve une atmosphère préservée où alternent landes, criques et petits ports. L’édifice, modeste par sa taille, tire toute sa force de ce dialogue permanent avec la mer toute proche, qui semble veiller sur lui. Bâtie en moellons de granit et de schiste, la chapelle se fond dans son environnement minéral et compose, avec son enclos et le paysage côtier qui l’entoure, l’une de ces images intimes et silencieuses dont la Bretagne du Nord garde le secret.

Le mur ouest de la chapelle, surmonté d’un clocheton à une baie, est percé d’un oculus que domine une pierre portant la date de 1736, témoin de la reconstruction au XVIIIe siècle. Tombé en ruine au cours du XXe siècle, l’édifice a été relevé grâce à la mobilisation des habitants et d’une association locale de sauvegarde du patrimoine, qui a entrepris sa restauration ainsi que celle du mur d’enclos. Une nouvelle cloche y a été bénie au début des années 1990, scellant cette renaissance portée par la communauté. Cette histoire de sauvetage illustre l’attachement profond des Lanmodéziens à un sanctuaire qui appartient autant à leur mémoire collective qu’à l’histoire religieuse et maritime de la côte trégorroise.

Le caractère maritime du lieu se lit dans le détail de son mobilier autant que dans son implantation. Les maquettes de bateaux suspendues, offertes par des marins en remerciement d’une grâce obtenue ou pour conjurer les dangers de la mer, constituent un témoignage émouvant de la dévotion populaire des gens de la côte. Ces ex-voto, fréquents dans les sanctuaires littoraux bretons, rappellent combien la vie des familles dépendait du retour des hommes partis pêcher ou naviguer. La chapelle, dédiée à la protectrice des marins, conjuguait ainsi prière des navigateurs et espérances plus intimes, puisque l’on venait aussi y implorer la venue d’un enfant. Ce double patronage en faisait un point de rencontre des angoisses et des attentes du monde maritime.

Comme beaucoup de chapelles bretonnes, Notre-Dame de Bonne Nouvelle a longtemps été le théâtre d’un pardon, ces fêtes religieuses où la procession, la messe et le rassemblement de la communauté rythmaient le calendrier rural. Ces célébrations, héritées d’une longue tradition, conjuguaient ferveur et convivialité et donnaient à de petits édifices isolés une vie intense le temps d’une journée. Le nom même de la chapelle, qui fait écho à l’expression bretonne « kelo mad », inscrit le lieu dans la langue et la culture du pays, où le breton a longtemps structuré la vie quotidienne. Cet ancrage linguistique et spirituel rappelle que ces sanctuaires n’étaient pas seulement des bâtiments, mais des repères identitaires au cœur de la vie des paroisses.

Pour le visiteur d’aujourd’hui, la découverte de la chapelle s’inscrit idéalement dans une promenade le long du sentier côtier GR34, qui longe cette partie de la presqu’île et relie les paysages remarquables des environs, du Sillon de Talbert aux estuaires du Trieux et du Jaudy. La proximité du littoral invite à prolonger la halte par une marche face au large, là où la lumière changeante du Nord-Bretagne sublime le granit et l’eau. On veillera, comme dans tout lieu de culte encore vivant, à respecter le calme et l’intégrité du site, en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’un espace chargé de mémoire. La sobriété de l’ensemble, loin des grands monuments, fait précisément le charme de cette étape.

Son nom fait écho à l’expression bretonne « kelo mad », qui signifie « bonne nouvelle » et renvoie en particulier à l’annonce d’une grossesse longtemps espérée.

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