Remparts et Basilique Notre-Dame-de-Paradis d'Hennebont
Châteaux & manoirs • Hennebont

Fondée sur une boucle du Blavet à une dizaine de kilomètres de Lorient, Hennebont doit son caractère exceptionnel à une enceinte fortifiée presque intacte, érigée à partir de 1250 par le duc de Bretagne Jean Ier le Roux. Près d’un kilomètre de murailles couronne encore le coteau de la Ville-Close, jalonnées de tours et modernisées aux XIVe et XVIe siècles pour faire face à l’évolution des techniques militaires. C’est la seule enceinte fortifiée complète du pays de Lorient et la seconde du Morbihan après Vannes : ici, les murs ne sont pas un décor de carte postale mais une réalité palpable, que l’on peut longer à pied en suivant le chemin de ronde.
La Porte Broërec’h en est le joyau. Ses deux tours massives coiffées de toitures en poivrière dominent l’entrée principale de l’ancienne cité médiévale depuis plus de huit siècles. Endommagée lors des bombardements d’août 1944 qui ravagèrent la ville basse, elle a été patiemment restaurée et abrite aujourd’hui le musée des arts et traditions populaires du pays d’Hennebont. Dix salles thématiques racontent la vie quotidienne bretonne à travers des costumes régionaux, du mobilier traditionnel, des céramiques et une évocation du port fluvial ; des visites guidées sont proposées à 14 h 30 et 16 h 30 en saison, pour un tarif réduit d’environ 4 euros (gratuit pour les moins de 12 ans). Ces remparts ont aussi leur heure de gloire historique : en juin 1342, pendant la guerre de Succession de Bretagne, Jeanne de Flandre – qui allait passer à la postérité sous le surnom de Jeanne la Flamme – sortit de nuit à la tête d’un détachement pour incendier les cantonnements des troupes de Charles de Blois qui assiégeaient la ville. Elle rallia ensuite Auray, recruta des renforts et sauva Hennebont. Les fossés qui ceinturaient jadis les remparts ont laissé place à des jardins ombragés, agréables pour une pause entre deux visites.
Au cœur de la cité médiévale, la Basilique Notre-Dame-de-Paradis impose sa silhouette gothique flamboyant. Son histoire commence en 1507, quand Anne de Bretagne, reine de France, s’arrête en pèlerinage devant un modeste oratoire sur la colline du Paradis. Quelques années plus tard, en 1514, un maréchal-ferrant du nom de François Michart entreprend d’y ériger une chapelle digne de ce lieu de dévotion. Le chœur et la nef sont consacrés en 1524, la tour-clocher achevée vers 1530 ; Michart mourra en 1527 sans voir son œuvre terminée. La chapelle devient paroisse en 1590, quand l’ancienne église Saint-Gilles, hors les murs, est détruite pendant les guerres de la Ligue. En 1913, le pape Pie X l’élève au rang de basilique mineure, consécration d’un rayonnement spirituel entretenu depuis le XVIIe siècle : en 1699, une épidémie de peste frappe Hennebont ; les habitants font vœu d’offrir une statue d’argent à la Vierge si la ville est épargnée. L’épidémie s’arrête, le vœu est tenu, et depuis lors une procession solennelle se déroule chaque dernier dimanche de septembre.
La tour-clocher, haute de 65 mètres, se voit à des kilomètres à la ronde et sert de véritable amer terrestre pour qui approche d’Hennebont. Elle a traversé les âges avec une chance remarquable : lors des bombardements du 6 août 1944 qui détruisirent une grande partie de la ville basse, la basilique fut miraculeusement épargnée. L’intérieur réunit des trésors d’époques variées. L’orgue, installé dans la tribune en 1652 après avoir appartenu à un couvent de carmélites depuis 1642, passe pour l’un des plus anciens de Bretagne ; son buffet et son mécanisme sont classés monuments historiques depuis 1980-1981. Les grandes verrières du chœur et les vitraux contemporains qui inondent la nef de lumière ont été réalisés par le maître-verrier Max Ingrand dans les années 1950 : ils narrent les grands épisodes de l’histoire d’Hennebont, de la fondation de la chapelle au siège de Jeanne la Flamme, en passant par le vœu de 1699. Cinq cloches, toutes fondues à Villedieu-les-Poêles à la fin du XIXe siècle, occupent le beffroi ; la plus lourde, Clotilde, dépasse 1 500 kg.
La visite des remparts et de la basilique se combine aisément avec le reste de la cité en une demi-journée bien remplie. Chaque jeudi matin, la place du Maréchal-Foch qui borde la basilique accueille l’un des plus grands marchés de Bretagne : étals de primeurs, poissons frais, crêpes et spécialités du terroir morbihannais envahissent le parvis dans une animation très locale. À quelques pas de là, le haras national d’Hennebont – l’un des rares à proposer un espace muséographique d’une telle ampleur sur ses 23 hectares – offre une extension naturelle de la journée. Pour les amateurs de nature et de vélo, le chemin de halage qui longe le Blavet part du pied même des remparts et file sur 58 kilomètres jusqu’à Pontivy, au fil des écluses et des anciennes forges du XIXe siècle. Hennebont est accessible depuis Lorient en une vingtaine de minutes par la D769 ; un parking se trouve à proximité immédiate des remparts. L’entrée dans la Ville-Close et la promenade sur les chemins de ronde sont libres et gratuites.
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