Ardoise et décor chaleureux d'un café breton
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Expressions bretonnes : 20 mots à connaître en Bretagne

Poser un pied en Bretagne, c’est entrer dans un pays qui a sa propre musique. Sur les enseignes des crêperies, au comptoir d’un bar de port ou au détour d’un fest-noz, le breton se glisse partout, même quand on ne le parle pas. Pas besoin de devenir bilingue pour en saisir la saveur : quelques expressions bretonnes bien choisies suffisent à faire pétiller un séjour et à arracher un sourire complice aux Bretons. Voici les mots à connaître, leur sens exact et nos astuces pour les prononcer sans trahir leur charme.

Les mots bretons à connaître pour voyager malin

Le breton (brezhoneg) est une langue celtique, cousine du gallois et du cornique. On l’entend surtout en Basse-Bretagne, à l’ouest d’une ligne allant grosso modo de Saint-Brieuc à Vannes. Même là où il ne se parle plus au quotidien, il reste vivant dans les noms de lieux, les prénoms et une poignée d’expressions du cœur. En glisser quelques-unes, c’est un clin d’œil toujours apprécié.

Saluer et remercier

  • Demat : bonjour (littéralement « bon jour »). Le passe-partout du matin et de la journée.
  • Kenavo : au revoir. L’un des mots bretons les plus connus, parfois entendu jusque dans les chansons.
  • Trugarez : merci. Indispensable au marché ou en sortant d’une crêperie.
  • Mat an traoù ? : ça va ? (« les choses vont-elles bien ? »).
  • Ya / Nann : oui / non.

Trinquer et faire la fête

  • Yec’hed mat : à votre santé ! On le lance volontiers autour d’un verre de cidre. Littéralement « bonne santé ».
  • Fest-noz : « fête de nuit », ce bal traditionnel breton où l’on danse en chaîne ou en rond au son du couple bombarde-biniou. Inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, c’est une expérience à vivre au moins une fois.
  • Fest-deiz : sa version diurne, « fête de jour ».

À table

  • Kouign : gâteau. On le retrouve dans le célèbre kouign-amann (« gâteau au beurre »), spécialité de Douarnenez.
  • Krampouezh : les crêpes et galettes, fierté nationale bretonne.
  • Chistr : le cidre, compagnon naturel d’une bolée.

Ces mots bretons cachés dans le paysage

Une fois l’œil entraîné, on lit la Bretagne comme une carte au trésor. Beaucoup de noms de lieux sont en réalité des mots bretons à peine déguisés.

  • Breizh : la Bretagne. Le fameux « BZH » des autocollants vient de là.
  • Mor : la mer. On la retrouve dans Morbihan (« petite mer », pour son golfe) ou dans Armor, le pays « au bord de la mer ».
  • Ti : la maison. Présent dans des centaines de noms de lieux et de commerces.
  • Penn ar Bed : « le bout du monde », nom breton du Finistère, dont le nom français vient lui aussi du latin finis terrae, « la fin de la terre ».
  • Ker : le village, le lieu habité. C’est le préfixe que l’on croise partout : Kerlann, Kervignac, Keranna…
  • Aber : l’estuaire, comme dans les célèbres abers du Léon.

Pour aller plus loin sur l’histoire et la vitalité de cette langue, notre page consacrée au breton en retrace les grandes étapes.

Le français de Bretagne : un parler bien à lui

Au-delà du breton lui-même, le français parlé en Bretagne a ses tournures savoureuses, héritées de la langue ou de l’usage local. Quelques exemples, à manier avec le sourire et un brin de prudence selon les régions :

  • « Avoir le kalon » : kalon signifie « cœur » en breton. Avoir du cœur, du courage à l’ouvrage.
  • « Une bolée » : la fameuse tasse en faïence dans laquelle on sert le cidre.
  • « Du beurre salé » : plus qu’un produit, presque une philosophie ; en Bretagne, le beurre demi-sel s’invite jusque dans les desserts.

Ces expressions varient d’un pays à l’autre et chacun y va de sa version familiale : le plus sûr reste de tendre l’oreille au comptoir et de se laisser porter.

Bien prononcer : les pièges à éviter

Le breton se lit presque comme il s’écrit, à condition de connaître deux ou trois sons particuliers. De quoi éviter les faux pas devant un local.

  • Le « c’h » : c’est un son raclé du fond de la gorge, comme le j espagnol de « jamón » ou le ch allemand de « Bach ». Dans yec’hed mat, le c’h ne se prononce surtout pas « k ».
  • Le « ch » (sans apostrophe) : lui se dit comme le « ch » français de « chat ». Attention donc à ne pas confondre les deux.
  • Le « gw » : se prononce « gou », comme dans Gwenn (« blanc », « pur ») ou Gwened (Vannes).
  • L’accent tonique : il tombe le plus souvent sur l’avant-dernière syllabe. Trugarez se dit « tru-GA-rez ».
  • Le « z » final : dans de nombreuses régions, il s’adoucit ou ne se prononce presque pas, comme dans Breizh, souvent dit « brèïss ».

Envie de prolonger l’aventure ? Découvrez aussi notre sélection de prénoms bretons et leur signification, et plongez plus en détail dans la langue bretonne et ses subtilités.

Questions fréquentes

Comment dit-on « bonjour » et « au revoir » en breton ?

On dit Demat pour « bonjour » et Kenavo pour « au revoir ». Ce sont deux des mots les plus simples à retenir, et leur emploi fait toujours plaisir aux Bretons, même quand on poursuit la conversation en français.

Que signifie « Yec’hed mat » ?

Yec’hed mat veut dire « à votre santé », littéralement « bonne santé ». C’est l’expression à lancer au moment de trinquer, idéalement autour d’une bolée de cidre. Le « c’h » se prononce avec un son raclé proche de la jota espagnole.

Que veut dire « Breizh » ?

Breizh signifie tout simplement « Bretagne » en breton. C’est de là que vient le sigle « BZH » que l’on voit sur les voitures et les vêtements. Beaucoup de mots du quotidien breton se cachent ainsi dans le paysage, comme mor (la mer) ou ti (la maison).

Le breton est-il difficile à prononcer ?

Pas tant que ça, une fois maîtrisés quelques sons clés comme le « c’h » (raclé, jamais « k ») et le « gw » (prononcé « gou »). La langue se lit assez fidèlement à l’écrit, et l’accent tonique tombe en général sur l’avant-dernière syllabe.

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