EV4 La Vélomaritime
Vélo & cyclotourisme • Plestin-les-Grèves
Cette section de la Vélomaritime, l’EuroVelo 4, fait entrer les cyclistes dans le Finistère par la station de Locquirec, à hauteur de Plestin-les-Grèves.
L’itinéraire longe ensuite une côte escarpée et sauvage, ponctuée de criques abritées et de panoramas maritimes. En chemin, l’enclos paroissial de Saint-Jean-du-Doigt et la pointe de Primel méritent une halte.
Locquirec marque une entrée en Finistère pleine de charme, avec sa presqu’île gourmande de promenades et sa plage abritée tournée vers la baie. Avant de filer vers l’ouest, on apprécie l’atmosphère de cette ancienne cité de capitaines au long cours, ses villas de bord de mer et son sentier des douaniers qui ourle la côte. Le contraste entre les Côtes-d’Armor laissées derrière soi et les paysages finistériens annonce le caractère plus escarpé de la suite du parcours. Les cyclistes y trouvent un point de départ idéal pour se ravitailler et profiter d’une dernière vue dégagée sur les grèves de Plestin-les-Grèves. Cette transition douce, entre deux départements, donne le ton d’une étape résolument maritime et contemplative.
La portion qui suit, reliant le secteur de Plestin-les-Grèves à la baie de Morlaix, est connue pour son relief affirmé. Les pentes y dépassent fréquemment cinq pour cent, avec plusieurs passages plus soutenus qui réjouissent les amateurs de défi physique. Cet itinéraire s’adresse donc avant tout aux cyclistes entraînés, ou à ceux qui aiment prendre leur temps en alternant pédalage et marche d’appoint dans les côtes. La récompense est à la hauteur de l’effort : à chaque sommet, la mer réapparaît en contrebas, dévoilant un chapelet de criques abritées et de pointes rocheuses. Le port de Toul an Héry compte parmi les étapes naturelles où reprendre son souffle, face à un estuaire paisible et à un paysage typiquement breton.
La pointe de Primel offre l’un des plus beaux belvédères de cette section. Avancée granitique aux blocs spectaculaires, elle domine la mer d’Iroise et permet, par temps clair, d’embrasser un large horizon parsemé d’îlots. Le site se prête à une halte prolongée, le temps de laisser le vélo et d’arpenter le sentier qui serpente entre les rochers et la lande rase. Les amateurs de photographie y trouvent une lumière changeante, particulièrement belle en fin de journée. Tout autour, le petit port de Diben et les maisons de pêcheurs rappellent l’ancrage maritime de Plougasnou, commune voisine. Cette pointe sauvage, battue par les vents, incarne à merveille l’esprit du littoral nord-finistérien que la Vélomaritime donne à découvrir au plus près.
L’enclos paroissial de Saint-Jean-du-Doigt mérite une halte attentive, à quelques tours de roue du tracé. Réputé pour sa fontaine monumentale et son riche patrimoine religieux, il illustre l’art sacré breton dans toute sa finesse, entre granit ouvragé et perspective soignée. Le calme du lieu, niché à l’écart de la côte, offre un agréable contrepoint aux paysages venteux du littoral. On y prend le temps d’observer les détails architecturaux et de comprendre la place centrale qu’occupaient ces ensembles dans la vie des villages. Cette parenthèse patrimoniale enrichit considérablement l’étape, en rappelant que la Vélomaritime relie aussi des trésors de l’intérieur des terres. C’est l’une de ces escales qui transforment une simple randonnée à vélo en véritable voyage culturel.
À mesure que l’on se rapproche de la rade de Morlaix, le paysage s’élargit et se fait plus apaisé, annonçant la fin de cette section exigeante. Les coteaux boisés descendent vers des anses tranquilles où mouillent quelques bateaux, et l’on devine déjà les eaux protégées de la rade qui dessinent de larges courbes. Les cyclistes profitent de portions plus roulantes pour savourer l’arrivée et contempler les rives découpées. Cette dernière approche, entre mer et campagne, invite à ralentir et à apprécier la quiétude des lieux. Le voyageur, comblé par la variété des panoramas traversés, se laisse alors guider vers les vestiges millénaires qui veillent non loin du parcours, témoins silencieux d’une histoire bien plus ancienne que les chemins eux-mêmes.
En approchant de la rade de Morlaix, le parcours passe non loin du cairn de Barnenez, imposant monument funéraire vieux de plusieurs millénaires.