Erdeven – Circuit VTT – Sentier de la vieille route
Vélo & cyclotourisme • Erdeven
Classé facile, balisé en jaune et praticable en VTT, ce sentier suit l’ancien itinéraire Étel-Vannes, sans doute une voie romaine : rectiligne et établi en crête, sur la ligne de séparation des eaux. Le départ se fait place Saint-Märgen.
Le parcours passe au château de Keravéon, dont la création est attribuée à Pierre de Talhouët vers 1330-1350 ; la famille de Talhouët en resta maîtresse jusqu’en 1761. Le parc communal abrite aujourd’hui un parcours botanique de plus de 50 espèces d’arbres et l’Île d’Amour.
Avant de s’élancer, il faut rappeler qu’Erdeven, commune littorale du pays d’Auray, est avant tout une terre de mégalithes. Elle abrite les célèbres alignements de Kerzerho, considérés comme le plus important ensemble mégalithique breton après celui de Carnac voisin. Sur près de deux kilomètres se dressent quelque cent quatre-vingt-dix menhirs, érigés entre cinq mille et deux mille ans avant notre ère ; les plus imposants, surnommés les géants de Kerzerho, culminent à six mètres pour une quarantaine de tonnes. Tout autour, dolmens de Crucuno, quadrilatère de pierres et autres sépultures, classés dès 1862, complètent ce patrimoine préhistorique exceptionnel.
Le circuit lui-même emprunte le tracé d’une ancienne route reliant Étel à Vannes, dont la rectitude et l’implantation en ligne de crête trahissent une origine sans doute romaine : les ingénieurs antiques privilégiaient en effet les voies droites établies sur les lignes de partage des eaux, à l’abri des zones humides. Suivre ce chemin, c’est donc marcher dans les pas de voyageurs vieux de deux mille ans. Le départ s’effectue place Saint-Märgen, dont le nom rend hommage à la commune allemande de la Forêt-Noire jumelée avec Erdeven, témoignage des liens d’amitié tissés au fil des décennies entre les deux villages.
Le parcours fait halte au château de Keravéon, ancienne demeure seigneuriale dont les origines remontent au XIVe siècle et qui resta plusieurs siècles dans la même famille. S’il ne se visite pas, son vaste parc communal, librement ouvert, constitue une étape rafraîchissante : on y déambule entre des arbres de nombreuses essences, le long d’un sentier botanique, d’un parcours de remise en forme et d’aires de jeux pour les enfants. Le site abrite aussi un charmant plan d’eau romantique, l’Île d’Amour, propice à la pause. Ce poumon vert offre un agréable contraste avec les portions plus sportives du tracé.
Au fil des kilomètres, le sentier de la Vieille Route alterne portions ombragées et passages plus dégagés, dans un relief doux qui le rend accessible aux vététistes comme aux marcheurs de tout niveau. La ligne droite héritée de l’Antiquité confère à l’itinéraire un caractère singulier, presque méditatif, où le regard porte loin devant. Çà et là, hameaux, talus bocagers et lisières de bois rappellent la vocation agricole et forestière de ce coin de l’arrière-pays. C’est dans cette campagne paisible que le tracé s’enfonce bientôt sous les frondaisons d’un bois protégé avant de rejoindre l’un des édifices religieux les plus remarquables de la commune.
Le tracé traverse le bois de Coët er Lann, Espace Naturel Sensible du Conseil départemental, et rejoint la chapelle Saint-Laurent, édifiée au début du XVIe siècle dans le style gothique flamboyant.