Forêt de Lann-ar-Waremm
Sites naturels & littoral • Pleumeur-Bodou
Site naturel protégé, la forêt de Lann-ar-Waremm est le plus grand bois littoral des Côtes-d’Armor, avec ses 280 hectares.
Au fil des promenades, on peut y apercevoir un chevreuil ou un renard, et découvrir les innombrables essences qui composent ce boisement.
Avec ses 280 hectares, le bois de Lann-ar-Waremm s’impose comme un véritable poumon vert au cœur de la Côte de Granit Rose. Le massif ne se limite d’ailleurs pas à la commune de Pleumeur-Bodou : il déborde sur le territoire voisin de Trébeurden, formant un ensemble boisé continu d’une rare ampleur pour un littoral breton. Cette étendue protégée offre un contraste saisissant avec les rivages de chaos granitiques qui font la renommée de la région. Ici, point de rochers rosés découpés par les vagues, mais une succession de futaies, de landes et de clairières où l’on oublie vite la proximité de la mer. Le site constitue ainsi une parenthèse forestière inattendue à quelques minutes seulement du sentier côtier.
Le caractère récent de ce boisement, déjà mentionné, en fait un témoin vivant de l’évolution des campagnes bretonnes. Au cours du XXe siècle, l’abandon progressif de parcelles agricoles a laissé la nature reconquérir ces terres : les landes et les fourrés ont peu à peu cédé la place à des arbres, jusqu’à former le plus grand bois littoral des Côtes-d’Armor. Cette histoire explique la mosaïque de milieux que l’on traverse aujourd’hui, où alternent boisements hétérogènes, prairies relictuelles et plages de lande. Cette diversité de paysages, fruit d’une déprise rurale plutôt que d’une plantation planifiée, confère au lieu une physionomie irrégulière et vivante, bien différente d’une forêt domaniale alignée et exploitée de longue date.
La faune et la flore mentionnées dans la présentation traduisent la richesse écologique du site. Chevreuils et renards y trouvent refuge, mais le promeneur attentif pourra aussi observer une foule d’oiseaux, d’insectes et de petits mammifères profitant de cette mosaïque d’habitats. La variété des essences d’arbres, feuillus et conifères mêlés, crée des ambiances changeantes au fil des sentiers et des saisons : sous-bois ombragés en été, tapis de feuilles dorées à l’automne, lande fleurie au printemps. Cette pluralité de milieux explique l’intérêt naturaliste du bois, où chaque clairière, chaque lisière abrite sa propre communauté d’espèces. Mieux vaut avancer sans bruit et lever les yeux : la discrétion reste la meilleure alliée pour surprendre la vie sauvage.
Le réseau de chemins qui quadrille le massif permet à chacun d’adapter sa balade. Sentiers de promenade familiale, boucles plus longues, itinéraires partagés avec les vététistes ou les cavaliers : les usages cohabitent sur un domaine assez vaste pour absorber les fréquentations sans se sentir à l’étroit. Cette générosité d’espace fait du bois un lieu de respiration apprécié tout au long de l’année par les habitants du secteur, qui viennent y courir, marcher ou simplement souffler le temps d’une fin de semaine. Le relief doux et le couvert protecteur des arbres en font une destination de plein air agréable même par temps incertain, lorsque le vent du large incite à chercher l’abri des sous-bois.
Le bois de Lann-ar-Waremm prend toute sa valeur replacé dans l’écrin de Pleumeur-Bodou. La commune est aussi connue pour son patrimoine scientifique, avec le célèbre Radôme et la Cité des télécoms, comme pour ses paysages maritimes, de l’Île-Grande au sentier littoral qui longe la Côte de Granit Rose. La forêt offre ainsi un contrepoint naturel à ces sites emblématiques : on peut aisément combiner une matinée sous les arbres et une après-midi face aux rochers roses ou aux îlots de l’estuaire. Cette complémentarité entre terre et mer fait de la halte forestière un complément idéal à la découverte de la région, pour qui souhaite varier les ambiances sans s’éloigner.
Son histoire est récente : le bois s’est constitué peu à peu au cours du XXe siècle, à la suite de l’abandon des terres agricoles.