Atelier Céramique Isabelle Gilquin

Savoir-faire & terroir • Augan

Atelier Céramique Isabelle Gilquin

À Augan, Isabelle Gilquin travaille la terre dans son atelier après s’être formée à l’école Creamik, à Séné. Elle aime la sobriété des formes et des lignes, et explore la matière brute, lisse ou chamottée : grès, porcelaine, faïence.

Sculpter, modeler, tourner, enfumer : ses gestes puisent leur inspiration dans ce qui l’entoure, du végétal au minéral en passant par le marin. Le travail d’empreintes et la carbonisation au crin de cheval nappent les formes et en épousent les contours.

L’atelier d’Isabelle Gilquin a pris ses quartiers à Augan, commune du pays de Ploërmel située aux portes de la forêt de Brocéliande, terre de légendes propice à l’inspiration. Ce coin de Bretagne intérieure, où la nature reste très présente, accueille de nombreux artisans d’art venus y trouver le calme et la matière de leur création. C’est dans cet environnement que la céramiste façonne ses pièces, après s’être formée à l’école Creamik, un centre de formation à la céramique installé à Séné, au bord du golfe du Morbihan, réputé pour transmettre aussi bien les gestes du tournage que la maîtrise des émaux et des cuissons.

Le travail de l’argile commence par le choix de la terre, car toutes n’offrent pas les mêmes possibilités. La faïence, cuite à plus basse température, donne des objets poreux souvent recouverts d’émail ; le grès, cuit autour de mille deux cent cinquante degrés, devient dur, dense et imperméable ; la porcelaine, la plus fine et la plus blanche, séduit par sa translucidité une fois portée à très haute température. Isabelle Gilquin explore ces différentes matières, lisses ou chargées de chamotte — une argile déjà cuite puis broyée qui donne du grain et de la tenue à la terre — pour varier les textures et les effets de surface de ses créations.

Plusieurs gestes président à la naissance d’une pièce. Le tournage, sur la roue du potier, permet d’élever des formes régulières et symétriques ; le modelage et le travail à la plaque ou au colombin ouvrent au contraire la voie à des volumes plus libres et sculpturaux. L’artisane aime imprimer dans l’argile encore tendre des empreintes végétales ou minérales, qui inscrivent dans la matière la trace du monde qui l’entoure. Cette attention portée aux lignes épurées et à la sobriété des formes confère à chaque objet une présence discrète, où la beauté naît de la justesse du profil bien davantage que de l’ornement.

La signature de l’atelier tient surtout à une technique spectaculaire : l’enfumage au crin de cheval. Une fois la pièce sortie du four encore brûlante, on dépose à sa surface des crins qui, au contact de la chaleur, se consument instantanément et impriment de fines arabesques sombres. La carbonisation dépose ainsi le carbone en filaments délicats, dessinant à chaque fois un motif unique et imprévisible. C’est cette part de hasard, propre aux cuissons par réduction, qui fait tout le prix de la démarche : nul ne peut prédire avec certitude le rendu final, et chaque réalisation devient une pièce véritablement singulière.

Ces lignes tracent des chemins de fumée et racontent une histoire, entre univers marins et minéraux. L’imprévu de la cuisson révèle chaque pièce et la minéralité de la terre. Un savoir-faire céramique tout en finesse.

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