Saint-Philibert – Dolmens et menhirs

Randonnée • Saint-Philibert

Balisé en jaune et praticable toute l’année, ce circuit facile chemine à travers les sentiers de Saint-Philibert. Il met à l’honneur le riche patrimoine mégalithique de cette commune du pays d’Auray.

En chemin, les promeneurs croisent le dolmen de Mané Canaplaye puis le dolmen du Petit Kerambel, appelé Mané Han. Le parcours fait aussi halte à la chapelle du Plas-Kaër, élevée au XIXe siècle à l’emplacement d’un édifice du XVe, dans un agréable cadre boisé.

Saint-Philibert est une petite commune du pays d’Auray, posée sur une presqu’île basse et boisée du Parc naturel régional du Golfe du Morbihan. Bordée à l’ouest par la rivière de Crac’h et à l’est par le Ster, elle s’avance doucement vers la baie de Quiberon, entre terre et mer. Cette situation privilégiée, au contact des eaux salées et des sentiers de campagne, en fait un cadre idéal pour la marche à pied tout au long de l’année. Le circuit balisé permet d’en explorer les multiples facettes, du bocage intérieur aux abords du littoral, dans une ambiance paisible où la nature et l’histoire se côtoient à chaque pas.

L’identité de Saint-Philibert s’est construite autour de la mer, et plus particulièrement de l’ostréiculture. Dans la rivière de Crac’h, les parcs à huîtres, visibles à marée basse depuis les chemins côtiers, produisent des huîtres creuses réputées pour leur saveur iodée et leur chair ferme. Cette activité ancestrale façonne le paysage et la vie locale, au rythme des marées et des saisons. Autour, vasières, prés-salés et bois composent une mosaïque de milieux naturels propice à l’observation de nombreux oiseaux. Le promeneur découvre ainsi, au fil de la boucle, un territoire vivant où le travail de la mer et la richesse écologique se conjuguent harmonieusement.

Mais c’est surtout pour son patrimoine mégalithique que la commune se distingue. Disséminés dans les landes et le long des sentiers, de nombreux monuments du Néolithique témoignent d’une occupation très ancienne du territoire : outre ceux que jalonne le circuit, on recense les dolmens de Kervehennec, du Magouëro ou de Pourhos, ainsi qu’un menhir à Kerangoff. Cette densité exceptionnelle de pierres dressées, dans un périmètre restreint, fait de la presqu’île un véritable conservatoire de l’art mégalithique morbihannais. Édifiés il y a plusieurs millénaires, ces tombeaux de pierre intriguent toujours par leur ampleur et par les questions qu’ils posent sur les sociétés qui les ont érigés.

La préservation de ces trésors doit beaucoup à Zacharie Le Rouzic, figure majeure de l’archéologie bretonne. Né en 1864, ce Carnacois s’est vu confier dès 1895, par la Société polymathique du Morbihan, la conservation et la restauration des mégalithes du département. Devenu conservateur du musée de Carnac, il a consacré sa vie à étudier, relever et sauver de la ruine d’innombrables monuments, dont plusieurs furent ainsi rendus à leur dignité première. C’est à son action patiente que l’on doit la remise en état de nombreux dolmens du secteur, sauvegardés pour les générations futures, et c’est tout naturellement que la boucle s’achève auprès de l’un d’eux.

La boucle se referme près des dolmens de Kerran, connus sous le nom de Roh Vras, « grande roche » en breton, et restaurés en 1927 par Zacharie Le Rouzic. Une jolie immersion dans le passé néolithique, à deux pas du golfe.