Patrimoine et nature du golfe du Morbihan

Randonnée • Bono

Patrimoine et nature du golfe du Morbihan

Au Bono, entre la rivière du Bono et la rivière d’Auray, Patrimoine et Nature du golfe du Morbihan propose des balades en kayak guidées par un accompagnateur nautique, vers des rivages accessibles uniquement par l’eau.

Au fil des prés salés, refuges pour les oiseaux, et des parcs ostréicoles, on explore le berceau de l’huître plate. Mégalithes, ornithologie, moulins à marée et origines du golfe se dévoilent au gré des méandres.

Le golfe du Morbihan, dont le nom breton signifie « petite mer », est régulièrement cité parmi les plus belles baies du monde et fait aujourd’hui l’objet d’un parc naturel régional. Cette mer intérieure constellée d’une multitude d’îles et d’îlots, où la marée fait entrer et sortir l’océan deux fois par jour, dessine un labyrinthe de chenaux, de pointes et d’anses que la terre ferme laisse souvent inaccessibles. Partir en kayak depuis Le Bono est sans doute la plus belle manière d’en approcher les recoins secrets : sans moteur ni bruit, on se glisse au plus près des berges, des herbiers et des bancs d’huîtres, là où les bateaux ne passent pas et où la nature reprend tous ses droits.

La rivière d’Auray, dont dépend Le Bono, est considérée comme le berceau de l’huître plate, l’huître native de la Bretagne. Au XIXe siècle, ses fonds offraient une succession presque continue de bancs naturels, et c’est ici, à la suite des travaux du naturaliste Victor Coste sur la reproduction des coquillages, que des pionniers commencèrent dès 1862 à capter le naissain pour l’élever. La première exploitation ostréicole du Bono vit le jour en 1865, au lieu-dit Paluden, ouvrant un âge d’or qui s’étendit des années 1930 au début des années 1970. Toute la vie locale s’organisa alors autour de ce coquillage et du va-et-vient des chalands sur la rivière.

Cette prospérité prit fin avec l’apparition, à partir de 1974, d’un parasite redoutable, et une épidémie marqua, au début des années 1980, l’arrêt de l’ostréiculture sur la rivière du Bono. Il en reste aujourd’hui de nombreux témoins du travail des hommes, des femmes et des enfants : terre-pleins, anciennes cabanes et tas de tuiles qui bordent encore les rives. Le Bono lui-même, ancien port de cabotage et de pêche, a conservé son atmosphère maritime et son vieux pont, emblématique du paysage. La sortie en kayak fait revivre toute cette mémoire, entre vestiges ostréicoles, moulins à marée et prés salés peuplés d’oiseaux.

Au ras de l’eau, le silence n’est troublé que par le clapot et le cri des limicoles, et l’on prend le temps d’observer la vie discrète des vasières, de comprendre les origines géologiques du golfe et de s’approcher de rivages que seule l’eau permet d’atteindre. Une immersion douce et complète dans un écosystème exceptionnel.

Le golfe est aussi l’un des sites majeurs d’Europe pour les oiseaux d’eau. Ses vasières et ses prés salés accueillent chaque hiver des dizaines de milliers de canards, de bernaches et de limicoles venus du Grand Nord, ce qui lui vaut une reconnaissance internationale au titre des zones humides. Au fil de la pagaie, le guide aide à reconnaître ces visiteurs ailés, à comprendre l’équilibre fragile de la « petite mer » et à repérer, au loin, les silhouettes des grandes îles habitées comme l’Île aux Moines ou l’Île d’Arz. Chaque saison y offre un spectacle différent, des grands rassemblements hivernaux à la nidification du printemps.

Accessible à tous dès 8 ans, en kayak double avec un adulte pour les plus jeunes, la sortie est encadrée et le matériel fourni. Les horaires suivent le rythme des marées, toute l’année sur demande.

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