Les Trésors du Faouët
Randonnée • Le Faouët
Réservée aux groupes, la visite commentée Les Trésors du Faouët dévoile en trois temps l’héritage des seigneurs de la cité. Premier temps fort : l’emblématique halle, grand vaisseau de bois qui traverse les siècles depuis plus de cinq cents ans.
La découverte se poursuit avec l’incontournable chapelle Saint-Fiacre et son jubé en bois polychrome, véritable référence du gothique flamboyant breton. Vient ensuite la chapelle Sainte-Barbe, dont l’histoire de fondation explique l’audace architecturale, unique en Bretagne centrale.
La halle du Faouët est l’une des plus imposantes de Bretagne : ce vaste vaisseau de bois et d’ardoise, ancien marché couvert, repose sur une charpente de chêne remarquable et abrite encore aujourd’hui le marché de la cité. Édifiée par les seigneurs locaux, elle rappelle l’importance commerciale qu’avait ce bourg de l’intérieur, carrefour d’échanges où se croisaient marchands, artisans et paysans des montagnes et des vallées environnantes.
La chapelle Saint-Fiacre, joyau du circuit, a été édifiée entre 1450 et 1480 dans le style gothique flamboyant et classée Monument Historique dès 1889. Son célèbre jubé, sculpté entre 1480 et 1492 par l’artiste Olivier Le Loergan, est classé depuis 1846 et compte parmi les plus beaux jubés polychromes de Bretagne, témoignage exceptionnel de la virtuosité des huchiers bretons à la fin du Moyen Âge.
Ce jubé illustre de grandes scènes bibliques, comme la tentation d’Adam et Ève, l’Annonciation ou la Passion du Christ, mais figure aussi, avec une étonnante liberté de ton, plusieurs vices et péchés capitaux : la luxure, la paresse, l’ivresse ou le vol y sont représentés sous des formes parfois truculentes, qui devaient frapper les esprits et rappeler aux fidèles les chemins à éviter.
La chapelle Sainte-Barbe, dédiée à la sainte protectrice contre la foudre, complète la visite. Sa construction débute en juillet 1489 et ses voûtes sont achevées en 1512 ; classée Monument Historique depuis 1906, elle s’accroche de façon spectaculaire au flanc rocheux qui domine la vallée, dans un site escarpé dont l’audace explique le caractère unique en Bretagne centrale et la ferveur des pardons qui s’y déroulent.
Le musée du Faouët, lui, occupe un ancien couvent d’Ursulines du XVIIe siècle, à l’angle de la place des Halles, et présente des collections en lien avec les peintres venus immortaliser la cité.
Le Faouët n’a pas seulement séduit les pèlerins et les marchands : à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, la petite cité a attiré de nombreux peintres, fascinés par sa halle, ses chapelles et ses scènes de vie rurale, au point de former une véritable colonie d’artistes. Installé aux confins du pays du Roi Morvan, aux portes des Montagnes Noires et entre les vallées de l’Ellé et de l’Inam, le bourg conjugue patrimoine bâti et nature préservée, ce qui en fait une étape de choix pour qui aime conjuguer balade et culture. La visite commentée donne les clés de lecture de cet héritage seigneurial et religieux, en révélant les anecdotes et les symboles qui se cachent derrière chaque édifice, pour une découverte aussi vivante qu’instructive.
Pour une journée complète au Faouët, la visite peut se coupler avec l’exposition du musée local. Une immersion riche dans le patrimoine d’une petite cité au passé seigneurial.