Les bords de Vilaine – Férel

Randonnée • Férel

En Bretagne plein Sud, ce circuit de 15 km invite à parcourir les rives de la Vilaine, dont les paysages démentent largement le nom. Depuis le vieux port de La Roche-Bernard, on rejoint les bords du fleuve avant de plonger dans les sous-bois vallonnés de Férel.

À travers le feuillage s’ouvrent de belles fenêtres sur le plan d’eau. L’itinéraire sillonne ensuite la campagne férélaise avant de regagner la petite cité de caractère, réputée pour ses artisans d’art.

Comptez environ trois heures et quarante-cinq minutes pour boucler ce parcours d’une quinzaine de kilomètres, au départ du parking de la Voûte, à La Roche-Bernard. Dès les premiers pas, le chemin épouse les rives de la Vilaine et longe les mouillages du port, avant de gagner les hauteurs boisées. Les marcheurs qui souhaitent une sortie plus courte ne sont pas oubliés : deux variantes, l’une d’environ six kilomètres et demi, l’autre d’une dizaine de kilomètres, permettent d’ajuster l’effort à l’envie du jour et au niveau de chacun. De quoi convenir aussi bien aux randonneurs aguerris qu’aux familles désireuses d’une promenade tranquille au bord de l’eau.

Point de départ et d’arrivée, La Roche-Bernard mérite à elle seule la visite. Classée petite cité de caractère, cette ancienne place de commerce fluvial a prospéré grâce au négoce et à la construction navale, comme en témoignent son vieux port et ses ruelles pavées bordées de maisons anciennes. Dès 1839, l’un des premiers grands ponts suspendus de France y franchissait la Vilaine, prouesse technique pour l’époque. Le site avait déjà séduit l’écrivain Stendhal qui y voyait, lors d’un passage, « une des plus belles scènes de la nature ». Artisans d’art et galeries y entretiennent aujourd’hui une atmosphère vivante et créative.

La Vilaine, elle, n’a rien d’un cours d’eau anodin. Ce fleuve, qui marqua longtemps une frontière historique aux portes de la Bretagne, dessine ici de larges méandres bordés de coteaux verdoyants. En aval, le barrage d’Arzal, mis en service en 1970, a profondément transformé la basse vallée : en bloquant la remontée des eaux salées, il a créé une vaste réserve d’eau douce, sécurisé l’alimentation en eau potable de la région et favorisé l’essor de la navigation de plaisance. Le plan d’eau qui en résulte, paisible et large, offre au promeneur de superbes points de vue à travers les trouées de la végétation.

Du côté de Férel, l’itinéraire s’enfonce dans une campagne vallonnée de bocage, alternant sous-bois ombragés, prairies et hameaux de pierre. Loin de l’agitation du littoral tout proche, ce décor intime distille une vraie sensation de quiétude, ponctuée par le clapotis du fleuve et le chant des oiseaux.

Tout au long de l’année, le circuit change d’atmosphère au rythme des saisons et des marées du fleuve, offrant à chaque sortie un visage renouvelé. Les amateurs de photographie y trouveront de beaux sujets, entre reflets sur l’eau, lumière filtrant sous les feuillages et silhouettes des bateaux amarrés. Mieux vaut prévoir des chaussures adaptées, certains passages proches de la rive pouvant se révéler humides après la pluie.

Balisé en jaune, jalonné de bornes et de poteaux directionnels, le parcours se suit sans difficulté d’orientation. Une grande bouffée d’air entre fleuve, bocage et patrimoine, à savourer au rythme de la marche.