Itinérance de la Marion
Randonnée • Le Saint

Cette itinérance invite à découvrir le Pays du roi Morvan, en centre Bretagne, sur les pas de la légendaire Marion du Faouët. Le parcours de 180 km se savoure à son rythme, sur une semaine environ.
Le tracé fait tomber sous le charme d’une destination naturelle insoupçonnée, au cœur de la Bretagne intérieure.
Au départ du Saint, petite commune nichée à l’ouest du Morbihan, cette grande itinérance invite à embrasser tout le Pays du roi Morvan, territoire de centre Bretagne resté longtemps confidentiel. Loin des plages et des stations balnéaires, on découvre ici une Bretagne intérieure de collines, de rivières et de forêts, où les paysages changent au fil des vallées. Les 180 kilomètres se parcourent à pied au rythme du marcheur, sur environ une semaine, ce qui laisse le temps de s’imprégner de l’âme des lieux. Cette destination naturelle insoupçonnée séduit par sa tranquillité et son authenticité, idéale pour qui cherche à conjuguer effort sportif, immersion dans la nature et rencontre avec un patrimoine rural d’une grande densité.
Le tracé fait la part belle aux vallées et aux cours d’eau qui irriguent le Pays du roi Morvan. On longe ainsi des rivières paisibles, on traverse des forêts comme celle de Pont-Calleck, et l’on découvre des étangs et des plans d’eau qui ponctuent le parcours de miroirs lumineux. Le relief, sans être montagnard, offre suffisamment de dénivelé pour ménager des points de vue dégagés sur la campagne environnante. Cette succession de milieux variés, des sous-bois aux landes en passant par le bocage, constitue l’un des grands attraits de l’itinérance. À chaque étape, le décor se renouvelle, et le marcheur passe insensiblement d’une ambiance forestière à l’horizon ouvert des plateaux cultivés du centre Bretagne.
Le Faouët, traversé par l’itinéraire, concentre quelques-uns des plus beaux joyaux du patrimoine breton. La chapelle Saint-Fiacre abrite un jubé de bois polychrome compté parmi les plus anciens et les plus raffinés de Bretagne, classé au titre des monuments historiques. Non loin, la chapelle Sainte-Barbe se perche sur un éperon rocheux dominant la vallée de l’Ellé, accessible par un escalier monumental, dans un style gothique flamboyant remarquable. Ces édifices, héritage de la grande ferveur religieuse qui marqua la région, offrent des haltes culturelles fortes au fil du chemin. Le marcheur y mesure la richesse insoupçonnée de ce pays, où l’architecture sacrée rivalise de finesse avec les grandes cités historiques de la péninsule bretonne.
L’itinéraire emprunte par endroits d’anciennes voies ferrées reconverties en chemins de randonnée, comme la voie verte qui relie la côte à l’intérieur des terres en passant par Gourin et Guiscriff. Ces tracés, plats et bien aménagés, suivent le ballast des trains d’autrefois et facilitent la progression sur de longues portions. Ils témoignent d’un passé industriel et ferroviaire aujourd’hui mis au service du tourisme doux. Au-delà, les villages traversés conservent leurs maisons de granit, leurs lavoirs et leurs calvaires, autant de marqueurs d’une identité bretonne profondément enracinée. Chaque commune apporte sa note, son église, sa place ou son four à pain, et compose une mosaïque attachante qui donne tout son sens à cette traversée pédestre.
Marcher sur les pas de Marion du Faouët, c’est aussi suivre le fil d’une mémoire populaire encore vivace. Cette figure du XVIIIe siècle, à la tête d’une bande qui détroussait les voyageurs sur les chemins de Cornouaille, est devenue au fil du temps une héroïne romanesque, sorte de Robin des Bois bretonne dont la légende a largement dépassé l’histoire réelle. Son nom, donné à l’itinérance, ancre la randonnée dans l’imaginaire du territoire et invite à imaginer ces routes telles qu’elles étaient autrefois, propices aux embuscades. Cette dimension narrative ajoute un sel particulier à la marche, et c’est bien cette rencontre entre nature, patrimoine et légende qui fait de la traversée une expérience aussi complète qu’inattendue.
L’itinéraire porte le nom d’un personnage historique du XVIIIe siècle : Marion du Faouët, cheffe d’une bande de brigands à la manière de Robin des Bois, qui fut pendue en 1755 à Quimper.
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