GR34® : De Lannion à Plestin les Grèves

Randonnée • Lannion

Après avoir longé l’estuaire du Léguer, cette étape du GR34 atteint le site du Yaudet, puis la pointe du Dourven, où la vue s’ouvre sur la baie de Lannion et le large.

Au-delà du petit port de Locquémeau, les falaises de Trédrez composent un décor sauvage avant de céder la place à la vaste Grève de Saint-Michel, dominée par le Grand Rocher et ses 84 mètres de hauteur.

Cette étape s’inscrit sur le célèbre sentier des douaniers, balisé de marques rouge et blanc qui guident le marcheur tout au long de la côte du Trégor. Le tracé alterne ambiances d’estuaire et passages de falaise, sur une distance d’environ dix-neuf kilomètres que beaucoup parcourent en une journée bien remplie, ou répartissent sur deux jours pour profiter pleinement des panoramas. Le départ depuis Lannion remonte d’abord le cours paisible du Léguer, où l’eau saumâtre rythmée par la marée révèle vasières et oiseaux. Cette première section, plus douce, met progressivement le promeneur en jambes avant les reliefs plus marqués du littoral. On y goûte déjà la diversité de paysages qui fait toute la richesse de ce parcours côtier emblématique.

Le site du Yaudet, perché sur son éperon rocheux à l’embouchure du Léguer, concentre des traces d’occupation très anciennes, du Néolithique jusqu’à l’époque romaine, en passant par un rempart gaulois. Ce promontoire offre une halte chargée d’histoire et un large regard sur l’estuaire. Plus loin, la pointe du Dourven s’impose comme un espace naturel remarquable, mêlant landes littorales, pins maritimes et chaos rocheux où la lumière joue au fil des heures. La traversée de la petite plage du Kirio relie ces deux temps forts. Entre patrimoine et nature, cette portion donne le ton d’un itinéraire qui ne cesse de surprendre, ménageant des points de vue spectaculaires sur la baie de Lannion et le grand large.

Au-delà du petit port de pêche de Locquémeau, abrité par la pointe de Séhar, le sentier gagne les falaises de Trédrez, l’un des décors les plus sauvages de toute l’étape. Le chemin serpente alors entre rochers, ajoncs et bruyères, dévoilant de magnifiques échappées sur la mer ouverte. L’air iodé, le cri des goélands et le ressac contre les parois composent une ambiance résolument maritime. Cette section escarpée demande une attention aux appuis, mais récompense l’effort par des perspectives changeantes selon la marée et la météo. C’est ici que le Trégor révèle son visage le plus brut, loin des plages plus fréquentées, dans une succession de criques et de pointes qui invitent à ralentir le pas pour mieux contempler.

La vaste Grève de Saint-Michel marque un changement d’échelle saisissant : à marée basse, l’estran se découvre sur une étendue immense, l’une des plus larges de la côte costarmoricaine. Le promeneur peut alors longer le sable face au Grand Rocher, éperon de quatre-vingt-quatre mètres qui domine la Lieue de Grève. Ce site naturel classé abrite une flore variée et plusieurs espèces de chauves-souris dans ses anfractuosités. La marche sur ce ruban de grève, entre ciel et mer, procure un sentiment d’espace rare. Il convient de garder un œil sur les horaires de marée, car la dynamique du flot transforme radicalement le paysage et conditionne le confort de progression sur cette portion ouverte au large.

À l’approche de Plestin-les-Grèves, la pointe de l’Armorique referme cette étape sur une note intime, avec ses criques discrètes et son patrimoine antique. Les vestiges des thermes gallo-romains du Hogolo, posés en bord de mer, rappellent l’ancienneté de l’occupation humaine sur ce rivage et offrent une dernière respiration historique avant l’arrivée. Le retour vers Lannion peut s’organiser en transports en commun, ce qui rend l’itinéraire accessible sans véhicule de récupération. Cette traversée du Trégor, entre estuaire du Léguer, falaises et grandes grèves, condense en quelques heures l’essence même de la Côte de Granit Rose. Elle laisse au marcheur le souvenir durable d’un littoral à la fois sauvage, habité et profondément breton.

À Plestin-les-Grèves, la pointe de l’Armorique abrite de jolies petites criques ainsi qu’un trésor du patrimoine : les thermes gallo-romains du Hogolo.