Parc du Château de Rosanbo

Parcs & jardins • Lanvellec

Le château de Rosanbo, à Lanvellec, surplombe la vallée du Bô. Il est entouré d’un parc régulier de style néoclassique de quatre hectares, œuvre du célèbre dessinateur de jardins Achille Duchêne.

En 1910, Duchêne compose ce parc sur la structure de l’enclos primitif et imagine une perspective à trois niveaux : un tapis vert bordé d’ifs taillés, flanqué de salles de verdure ceintes de charmes.

Le parc du château de Rosanbo se déploie à Lanvellec, dans les Côtes-d’Armor, sur les hauteurs dominant la vallée du Bô. Couvrant environ quatre hectares, il appartient à la grande tradition des jardins réguliers à la française, où la rigueur géométrique et la maîtrise du végétal taillé organisent l’espace en perspectives savamment ordonnées. Cette composition néoclassique épouse le relief des terrasses qui surplombent la vallée, offrant au promeneur des vues dégagées sur la campagne trégorroise environnante. L’ensemble compose un écrin végétal de grande tenue autour du château, et son intérêt paysager lui vaut d’être distingué comme jardin remarquable, reconnaissance qui salue la qualité de sa conception et de son entretien au fil des décennies.

La paternité du parc revient au célèbre dessinateur de jardins Achille Duchêne, figure majeure du renouveau du jardin à la française au tournant du XXe siècle. C’est en 1910 qu’il imagine cette composition, en prenant appui sur la structure de l’enclos primitif déjà présent autour du château, plutôt que de faire table rase de l’existant. Duchêne s’inscrit dans la grande lignée des jardiniers classiques, dont il a contribué à raviver l’esthétique en France comme à l’étranger. À Rosanbo, son talent se lit dans l’art d’organiser les pleins et les vides, de cadrer les perspectives et de jouer des proportions, pour mettre en valeur la demeure tout en dialoguant avec le paysage naturel de la vallée du Bô.

La perspective principale s’organise en plusieurs niveaux qui descendent vers la vallée, articulés autour de tapis verts bordés d’ifs taillés et de salles de verdure ceintes de charmes. Ces enfilades de pelouses et de bosquets créent une succession de chambres végétales, où l’on passe d’un espace ouvert à un autre plus intime, au gré des haies architecturées. Les charmilles, conduites en hautes parois, dessinent des couloirs de verdure et des salles closes qui rythment la promenade et ménagent des effets de surprise. Cette mise en scène, typique de l’art des jardins réguliers, transforme la simple déambulation en un véritable parcours composé, où chaque ouverture sur le paysage est pensée et orchestrée par le dessinateur.

Au-delà des espaces purement ornementaux, le domaine conserve des aménagements liés à la tradition équestre, qui enrichissent la visite et témoignent de l’art de vivre des lieux. On y trouve une carrière de débourrage et une carrière d’équitation, ainsi qu’une allée de tilleuls plantée sur l’ancien mail. L’ensemble est ceinturé d’une longue allée cavalière, dans l’esprit des grands domaines à la française où l’on pouvait parcourir le parc à cheval. Les alignements d’arbres, charmilles et tilleuls confondus, structurent ainsi de vastes promenades arborées qui prolongent les perspectives ornementales et offrent, à la belle saison, des cheminements ombragés particulièrement agréables, entre solennité du tracé et fraîcheur des frondaisons.

Une visite de Rosanbo se savoure idéalement en prenant le temps de suivre les différentes perspectives, du parterre proche du château jusqu’aux terrasses ouvertes sur la vallée du Bô. Chaque saison y révèle une ambiance différente, du vert tendre du printemps aux teintes mordorées de l’automne sur les charmilles et les tilleuls. Le cadre paisible de Lanvellec, à l’intérieur des terres du Trégor, invite à une parenthèse loin de l’animation du littoral, et la découverte du parc se prolonge naturellement par celle de l’imposant château qui le domine, dont l’histoire et l’architecture forment le complément indissociable de cette promenade dans les jardins.

S’y ajoutent une carrière de débourrage, une carrière d’équitation et une allée de tilleuls alignée sur l’ancien mail, l’ensemble étant ceinturé d’une allée cavalière, dans la grande tradition des jardins à la française.