La Marie Georgette
Croisières & excursions en mer • Plougrescant

La Marie-Georgette est un cotre aurique en bois construit à Roscoff en 1947. Ancien bateau de l’Île de Batz, il a été restauré et navigue aujourd’hui le long de la côte sauvage et des îles, témoin vivant de la tradition maritime bretonne.
À son bord, l’embarquement se veut participatif : les passagers peuvent s’initier au pilotage, à la manœuvre des voiles ou encore à la pêche à la traîne, encadrés par l’équipage. Le voilier est reconnu Navire du patrimoine maritime de Bretagne.
Le cotre est un voilier traditionnel à gréement aurique, reconnaissable à sa grand-voile trapézoïdale hissée sur une corne. Long d’environ neuf mètres, la Marie-Georgette fut construite en 1947 dans les chantiers de Roscoff, dans le nord du Finistère. Son nom rend hommage à l’épouse et à la fille de son premier propriétaire, selon une coutume répandue chez les marins de l’époque. Coque en bois, voiles de coton à l’origine et lignes élancées : tout en elle évoque l’âge d’or des petits caboteurs bretons, ces bateaux de travail qui sillonnaient la Manche et reliaient les îles au continent.
Dans sa première vie, la Marie-Georgette servit de « courrier » : elle assurait la liaison entre l’île de Batz, son port d’attache, et la terre ferme, au cœur de la baie de Morlaix, transportant passagers, vivres et marchandises. Pendant une vingtaine d’années, ses voiles la portèrent au rythme des marées et du vent. Puis, comme bien des unités de sa génération, elle fut désarmée et l’on remplaça sa voilure par un moteur, plus commode pour le travail quotidien. Ce passage de la voile au moteur illustre les mutations qu’a connues la flottille traditionnelle bretonne au cours du XXe siècle.
Dans les années 1970, le vieux gréement entama une nouvelle carrière comme bateau de pêche en rade de Brest, où il servit notamment à relever des casiers et à draguer la coquille Saint-Jacques. Sauvée de l’oubli, la Marie-Georgette bénéficia entre 2010 et 2012 d’une vaste restauration, au cours de laquelle près de quatre-vingts pour cent de sa coque furent reconstruits dans les règles de l’art. Ce chantier minutieux lui rendit ses voiles et son allure d’origine, faisant d’elle l’un des derniers témoins navigants de ce type d’embarcation. Entretenir un tel patrimoine demande un savoir-faire que perpétuent passionnés et charpentiers de marine.
Aujourd’hui, le voilier connaît une quatrième vie, dédiée à la découverte de la côte sauvage des Côtes-d’Armor et de ses îles, au départ de Plougrescant. Au gré du vent, on longe la pointe du Château, le Gouffre et les eaux semées d’écueils qui font la réputation de ce littoral. Hisser les voiles, sentir le bateau gîter et glisser sur l’eau procure des sensations que ne connaissent pas les passagers des navires modernes. Embarquer à son bord, c’est vivre la mer à l’ancienne, dans des conditions choisies pour rester conviviales et accessibles.
Les sorties se font en petit comité, avec une privatisation possible jusqu’à une dizaine de personnes. Comptez à partir de quatre cent cinquante euros la sortie, la réservation étant indispensable.
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