Club de lecture #wbzh – Article 353 du Code Pénal : avis

Article 353 du code pénal

Sur une idée de Rozanroll, je vous proposais en début d’année de lire Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel publié chez Les Éditions de Minuit.

J’ai acheté le livre et j’ai très vite lu les premiers chapitres. Et puis, tourbillon de la vie, j’ai eu plus envie de me faire des veillées crochet + série au lit que d’avancer dans ma lecture. Ça arrive parfois sans que la qualité de l’ouvrage en cours de lecture ne soit en jeu.

À l’approche des vacances, je me suis donc replongée dans Article 353 du Code Pénal en le relisant depuis le début.

À la fin du XXème siècle – on parle encore en francs – on suit Martial Kermeur qui raconte à un jeune juge d’instruction comment il en est venu à commettre l’irréparable, comme on dit. Parti en mer avec le promoteur Antoine Lazenec, il le pousse à 5 miles de la côte et revient seul.

Dans un long monologue, Kermeur raconte comment il en est arrivé là. De son divorce avec sa femme en passant par son licenciement et par l’arnaque dont de Lazenec dont il a été victime, il raconte de manière presque chirurgicale ce chemin bourdonnant et déprimant.

L’écriture est magistrale, je ne connaissais pas encore Tanguy Viel mais cela m’a donné furieusement envie de la découvrir plus en détail. En filigrane des mots de Martial Kermeur, on devine l’homme qu’il est, parlant de ses failles béantes avec une sorte de résolution poignante.

Certains passages du livre m’ont littéralement retournée. Peut-être parce que ce Martial Kermeur, il sommeille en chacun de nous. Nous sommes comme lui, il est comme nous. Nous pouvons tous – peut-être ? – nous retrouver à pousser un homme en pleine mer. J’ai eu envie de lui tendre la main à ce Martial qui a sombré lentement. J’ai presque compris son geste.

Je retiens surtout le passage où Martial raconte qu’il a failli gagner au loto mais qu’il n’a pas validé sa grille. Cette simple histoire pourrait donner lieu à un livre entier tant elle est forte et tant elle m’a vrillé les tripes. La fin, évidemment aussi, m’a bouleversée mais je ne vous en dis pas plus, juste au cas où vous si vous n’avez pas lu le livre ou si vous ne l’avez pas encore terminé.

De la Bretagne, ce texte raconte les hommes avec leurs noms si typiquement breton : Kermeur, Lazenec, Le Goff, Erwann… La tristesse de la délocalisation qui laisse des vies en friche, l’alcool pour tenir debout, les paysages de la pointe Finistère, les espoirs déçus, la dignité qui pousse à l’irréparable…

Ce livre ferait, j’en suis certaine, un film magnifique…

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Vous pouvez acheter ce livre ici ou chez votre libraire préféré !

16 commentaires

  1. Tanguy Viel est sur ma liste depuis longtemps.
    Ton compte-rendu me donne très envie…
    Merci

  2. Je m’associe à vous, Marjolaine, pour conseiller vivement ce livre à la superbe et juste écriture. Et sans en dire plus, que la fin nous donne à réfléchir !

  3. Tanguy Viel était en dédicace en février à la nouvelle librairie de Vannes « Le Silence de La Mer »! Allez y faire un tour, c’est un bel endroit, avec de vrais libraires où j’aime beaucoup aller, je vous le recommande chaudement (j’ai acheté le livre, il attend son tour!).

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