Mon tour de Houat

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Je l’avais promis, je l’ai fait ! Samedi dernier, j’ai enfilé mes baskets et j’ai couru les 17,3 km du trail Le Tour de Houat.

Evidemment, tout ne s’est pas passé comme je l’imaginais parce que dans mon idée, je courais avec la team Céline au complet et que ma Céline à moi (celle que vous connaissez ici) s’est blessée au genou et elle n’a pas pu prendre le départ.

Mais c’était un truc tout simplement incroyable, venez, je vous raconte ma course !

Avec toute ma petite famille, nous avons dormi vendredi soir chez Céline et j’en ai profité pour faire un petit run tout doux avec son chéri qui participait lui aussi à la course.

Samedi matin, nous nous sommes réveillés à 5h30 pour ne pas louper le bateau de 7h et après une traversée accompagnée par le lever du soleil et une lumière incroyable, nous arrivons à Houat vers 8h30.

Le temps d’installer nos tentes au camping et d’admirer la vue sublime, nous filons récupérer nos dossards. Je suis le n°389. Alors que j’étais pétrifiée, je suis de plus en plus détendue à l’approche du début de la course. Nous sommes un groupe de 31 (dont 14 enfants) avec 11 participants à la course, c’est rigolo de voir tout le monde s’équiper. Céline est aux petits soins pour moi. Elle m’a fait manger du Gatosport au caramel, me prête sa crème Nok anti-frottement pour que je n’ai pas d’ampoules, m’accroche mon dossard. A sa manière, elle participe à la course.

GatoSport caramel Overstim

GatoSport caramel Overstim

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11h10, avec Céline G, Marlène et Delphine, nous partons pour un petit tour d’échauffement tout doux. Nous convenons de partir ensemble à la fin pour ne pas partir trop vite.

11h30, la course est lancée, 400 coureurs partent à l’assaut du « caillou » ! Les garçons et certaines filles du groupe qui courent plus vite partent devant, nous fermons la marche toutes les 4 sous les encouragements de nos enfants, de Céline et des maris qui ne courent pas.

Je me sens plutôt bien. Mon torticolis est présent mais pas gênant, j’ai juste les mollets un peu tétanisés par le stress. Mais bon sang, quelle belle journée pour courir même si le soleil tape un peu trop fort à notre goût.

Les 2,5 kilomètres dans le village et sur le sentier côtier se passent à merveille, aucune difficulté, juste un faux plat que je ne remarque même pas. On se demande si on n’est pas parties trop vite mais de mon côté, c’est parfait alors je prends la tête de l’équipe. La vue est sublime, nous voyons les coureurs avec leurs maillots colorés former un joli ruban dans le paysage. J’ai presque envie de prendre une photo mais bon, je suis en course, hein ^__^

Nous abordons la première plage, et la plage, c’est ce qui me fait le plus peur. Courir dans le sable, que c’est dur. Avec Céline G, nous prenons un peu d’avance sur Marlène et Delphine. Je découvre que courir sur la plage, c’est assez génial en fait et pas si difficile. Et tellement beau !  Nous terminons la grande plage et les 5 premiers kilomètres et filons vers le premier ravitaillement. Je bois un verre d’eau, je m’en renverse un autre sur la tête, je croque dans une orange et c’est reparti !

Encore un peu de sentier côtier jusqu’à la petite plage. J’écoute les conseils de Céline G qui me dit de courir là où le sable est bien tassé. Cela monte et cela descend gentiment. Jusqu’ici je gère bien et mes mollets ne sont plus « stressés ». Je reste devant Céline G qui souffre un peu.

A l’entrée de la petite plage, elle me dit : « au bout de la plage, c’est le camping, je peux m’arrêter là ou continuer ». Je la menace de chanter du Patrick Sébastien sur toute la plage, cela la convainc directement de continuer à courir.

J’ai les pieds mouillés par l’eau de mer mais ça ne me dérange pas. Il fait très chaud, le soleil réverbère sur la mer, on bout ! Soudain, je vois un enfant blond qui me fonce dessus en courant. C’est mon fils, suivi de sa sœur et de tous les enfants de la bande. Ma toute petite me fait coucou, Céline aussi est là. Tout le monde nous encourage, les enfants courent avec nous, c’est un moment magique.

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Au bout de la plage, je repère mon mari qui nous prend en photo. Je souris, je me sens super bien, j’ai déjà couru 7 km et je vais manger Houat toute crue !

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Hum. En fait, c’est là que l’enfer houatais commence pour moi. La sortie de plage et son sable mou est difficile et suivie d’une côte sableuse qui me fracasse les mollets. Et ce n’est que le début. Je garde le moral et Céline et moi continuons sur le sentier côtier. Jusqu’au 10ème, je ne parle presque plus, je suis trop occupée à respirer. On se relaie avec Céline G qui elle gère mieux les dénivelés que moi. On essaie même de calculer notre temps de course, on devrait finir en 2h30 si on continue comme ça ce qui est le temps que l’on envisageait. Bien. Alors que nous bouclons tout juste la moitié de la course, nous entendons le speaker qui annonce l’arrivée du premier coureur. On préfère en rire et on continue, un pied devant l’autre et on recommence !

Juste avant les 10 km, deuxième ravitaillement. Juste de l’eau à boire et à se déverser sur la tête. J’ai peur de trop boire et d’avoir mal au ventre. Je prends mon temps pour boire à petites gorgées pendant que Céline remplit son camelbak. Il fait très chaud alors on s’hydrate bien et on accueille le moindre nuage avec joie !

Commence alors pour moi le plus long kilomètre de ce tour de Houat. Entre 10 et 11 km, le temps est éternel, on passe notre temps à monter sur le sentier côtier (avec des chemins parfois très sableux) et à redescendre en faisant attention à ne pas glisser sur les rochers. Je n’ai pas de difficulté au niveau cardio, je me sens parfaitement bien, il n’y a « que » mes mollets qui tétanisent à chaque montée et j’ai du mal à repartir ensuite. Dès que c’est plat, je déroule et je suis bien. Et puis, le paysage est simplement sublime.

Ouf, on a en ligne de mire le troisième et dernier ravitaillement. Je prends le « Coup de fouet » Overstim.s (même marque que le Gatosport) que m’avait conseillé (ma) Céline juste avant d’arriver. Je mange quelques moreaux de banane (c’est bon les bananes après 12 bornes, si vous saviez !), je bois un peu d’eau, je me renverse la fin du verre sur la tête et je sirote un petit cola. Je ne sais pas si c’est le cola, le coup de fouet ou le fait de savoir que l’on aborde la fin (le côté nord qui est aussi le plus difficile) mais la forme me revient ! Nous repartons avec Céline G (et notre passagère clandestine, une Houataise de 12 ans qui a fait les 2/3 de la course avec nous, niveau sécurité c’est loin d’être top surtout qu’elle est tombée en chemin, bref).

On continue toujours à monter et à descendre mais là, on ajoute en plus des escaliers. Sans rire, des escaliers alors que mes mollets m’insultent… J’ai mal, pourtant je sais qu’on approche du but alors je nous encourage à haute voix. « On peut le faire, on a fait le plus dur, allez ! ». Certes mais bon sang, ces escaliers veulent notre peau. Céline G me dit plusieurs fois de partir devant mais il faut l’avouer je ne pense pas en être capable.

Enfin, on attaque le dernier escalier pour filer vers le dernier kilomètre. En haut de ce dernier escalier, je vois mes deux grands et mon mari. Ils nous encouragent mais on ne peut absolument pas courir dans cet escalier… Ils commencent à courir avec nous et Céline G me dit une nouvelle fois « pars devant, je ne peux pas aller plus vite ». Alors je pars.

Je cours avec les miens, c’est assez fabuleux. Le mari de Céline qui a terminé sa course il y a belle lurette m’encourage aussi et me suit avec la GoPro. Je traverse le village, encouragée par les Houatais et les touristes. Mon mari me guide :  « Continue, tu arrives presque au stade ! ». Je suis grisée, super fière de ce que je suis en train de faire. Je me suis entrainée et voilà, je termine ma toute première course, un trail difficile et à aucun moment, je n’ai songé à arrêter.

Je vois Céline, ma petite dernière dans les bras de sa fille, tous les copains déjà arrivés. Les enfants courent avec moi, c’est complètement dingo. J’attaque l’entrée dans le stade, je vois la ligne d’arrivée et j’accélère, j’accélère. Je sprinte comme une dératée (comme dirait ma mamie), je cours, je vole, je double une coureuse une vingtaine de mètre avant la ligne finish. J’ai terminé, c’est foufou. Je souris tellement que j’ai mal aux joues ! 2h31 après mon départ, j’ai relevé mon défi. Terminer, juste terminer.

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Je guette l’arrivée de Céline G qui franchit la ligne super émue. J’écrase une larme discrète en la voyant et je souris encore à m’en faire mal aux joues…

Le reste n’est que câlins, félicitations, bouteilles d’eau et bananes… Et sourire qui fait mal aux joues ^__^

Magie d’internet, j’ai le plaisir de rencontrer Anne-Claire venue à Houat car le récit de Céline l’an passé lui avait donné envie ainsi que deux autres lecteurs de Wonderful Breizh (coucou !).

Il y a quelques mois, je ne me pensais absolument pas capable de courir durant 2h30 et puis je me suis fixé cet objectif et voilà, j’ai rempli le contrat. Ça vous booste un truc comme ça je vous assure. Alors oui, les connaisseurs vous diront que mon temps n’est pas terrible. Oui, je suis arrivée seulement 339ème sur 349 arrivés (400 inscrits et pas mal d’abandons) mais j’ai surtout envie de dire que je fais partie de ces 349 qui ont couru ce jour-là et que j’en suis fière.

Maintenant, j’espère bien courir ce tour de Houat avec (ma) Céline. Rendez-vous en 2017 (pas d’édition en 2016), OK Céline ?

Et un grand merci à tous pour les encouragement et félicitations ici et sur les réseaux sociaux, c’est tellement motivant de vous lire !

PS : un grand merci à Céline G de m’avoir supportée durant toute la course et de ne pas m’avoir poussée des falaises.

PS2 : bravo à l’organisation, vous êtes sûrs que vous en remettez pas ça en 2016 ?

PS3 : sur mon blog, je vous parle du reste de notre weekend parfait en attendant le Breiz&Pieces de Céline demain !

 

 

72 commentaires

  1. Quelle aventure ! Avec ton joli récit, j’y étais presque. Je dis presque, car TU as fait un bel exploit. Voilà, c’est fait, tu y es arrivée. Bravo !
    J’espère que tu as eu droit à un massage des muscles à l’arrivée . 😉
    Bises.

  2. Quelle belle aventure ! Félicitations … Merci pour ce beau reportage…. on s’y croirait ! Bonne récupération à vous …. Je vous embrasse

  3. Un grand bravo Marjolaine, je suis très admirative de ta performance (moi la tortue essoufflée ^^) !! Et je t’avoue qu’à lire ton compte-rendu, j’ai versé ma larme au moment de l’arrivée. Ça doit être un beau moment de fierté, d’accomplissement, et avec les amis et la famille, ça restera un souvenir magique 🙂

  4. Je te lis, ainsi que ta Céline, depuis plusieurs mois, et là je viens de verser ma petite larme en lisant ton récit………Pfiouuuu, j’y étais presque.

  5. Oh la laaa ! Ton témoignage me donne les larmes aux yeux, c’est magnifique ! Bravo ! et respect…

  6. Le récit de Céline m’avait fait très envie. Le tien en rajoute une couche. Peut être que je m’inscrirai pour 2017 😉

    Tu as fini par prendre goût à la course alors ?

  7. Bravo !!!
    Belle course ça l’air vraiment sympa, déjà le récit de Céline l’année dernière m’avait bien plus…Dommage que je sois si loin !!
    Te voilà mordue maintenant : à quand la prochaine course ? 😀

  8. Bonjour,

    J’y étais… et ton récit me rappelle parfaitement ce que j’ai vécu et surtout les fichus escaliers….et j’ai vu ton sprint à l’arrivée !!!
    Je suis venue te voir après la course (Merci à ton tee shirt d’avoir indiqué « Wonderful breizh »)
    Bonne continuation !

    1. Ah, c’est toi ! Je cherchais ton pseudo (mais mon cerveau n’a pas retenu la moitié des trucs après la course !). bravo à toi et merci d’être venue me parler, ça fait chaud au coeur 🙂 A très vite !

  9. Les larmes me remontent aux yeux en te lisant… vous avez géré de main (de mollet ?) de maître, bravo les filles !!!

    1. Si j’avais eu des vrais mollets, ça aurait été mieux ! Merci à toi de m’avoir donné envie d’y aller. Vivement qu’on la fasse ensemble !

  10. Bravo!!! On le vit avec toi! Même la petite larme et tout…
    Merci pour ce récit, je m entraîne en ce moment pour les 20km de Paris, mais je n ai jamais couru cette distance et je n ai qu une seule course de 10km a mon actif… Alors ça me fait du bien de lire ça!

    1. Accroche-toi, pars en te disant que de toute façon, tu termineras, c’est le seul conseil que je peux te donner ! Viens-nous raconter ça ensuite, bon entraînement !

  11. Je suis admirative…un grand BRAVO pour ce challenge relevé! Merci de nous avoir fait partager ta course, c’est fort ce qui se dégage de ce billet.

  12. Je viens vous lire depuis 6 mois environ et je vous félicite vraiment d’avoir eu le courage de vous donner un objectif et de vous y tenir.
    Effectivement cela doit énormement regonfler son égo et vous avez toutes les raisons d’être fière de vous!

  13. Un Grand bravo à toi ! Beaucoup d’émotions dans ton récit qui m’ont mises la larme à l’œil ! (Oui je suis une nana sensible ! ^^) Et bravo aussi à tout le soutien reçu ! 😉

  14. Ouah !! Mille bravos à toi !! Ton récit m’a mis les larmes aux yeux …
    Ça me donnerait presque envie de me mettre à courir 😉

  15. Bravoooooo ! Le genre de récit qui donne des envies, et qui m’a émue surtout quand tu racontes les moments où les enfants te rejoignent ! Tu peux être fière, c’est génial ! Si la prochaine édition est en 2017, ça me laissera peut-être le temps de me remettre de ma blessure pour m’y inscrire…

  16. Quel compte-rendu très sympathique ! On vit la course avec toi et il y a beaucoup de points que je retrouve, notamment la banane dont je rêvais depuis les 10km, je ne voyais plus qu’elle, à me dire « vivement l’arrivée, vivement la banane » mais alléluïa, lorsque j’ai aperçu les précieuses au ravito de km12 ! C’était vraiment génial cette course, j’y ai retrouvé l’ambiance « trail » qui est plus sympathique que les courses sur routes : c’est en général plus familial et encore plus fédérateur. Encore Félicitations à toi, un grand bravo, chapeau pour cette première course officielle, à peine 6 mois après avoir repris la course à pied. J’étais contente de te rencontrer, c’était court mais j’espère qu’on aura d’autres occasions. à très bientôt et bons runs plus tranquillou désormais (tu n’arrêtes plus maintenant, OK ?)

  17. Super émue par ton récit, les larmes aux yeux par l’intensité et tes émotions.
    Mes cross de village ado remontent à loin mais tu réveillerais presque mon envie de reprendre.
    En tout cas, félicitations !

  18. Bravo quelle détermination!ça donne franchement envie de se fixer des objectifs et quel bel exemple pour tes enfants 🙂

  19. Ca y est, tu m’a convaincue, j’ai envie … de la courir avec vous ! alors, le rdv en 2017 est noté !

    Bonne continuation, bon repos championne.

  20. Génial ton récit, comme si j’y étais . Je revois Céline G. dire qu’elle ne la ferai pas en juillet alors qu’elle fait une parfaite coéquipières. Bravo les filles. Beau défi. Bravo Marjo, tu as une volonté de bulldog.

  21. Bravo un bien bel exploit. Je m’entraîne depuis trois semaines modestement et a mon niveau pour la lorientaise. Bonne continuation

  22. Voilà moi aussi j’ai envie de pleurer en te lisant ! Tu peux être fière de toi ! Cette île représente tellement pour mon mari et moi, elle est tellement belle qu’en plus je connais les endroits que tu décris et j’imagine ta fierté au bout ! Alors Bravo !

  23. Bravoooooooo pour courir (pas plus de 10km) je sais à quel point c’est difficile et en plus avec ce sol. Tu peux être fière. J’espère que tu nous dira comment tu as fêter ce beau succès

  24. Je rêve (au propre comme au figuré) de courir. Mais cela me parait tellement difficile que finalement je ne tente rien.
    Un très grand bravo pour ta course.

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