Quitter Paris 3 ans après : le bilan

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Après le tome 1 du pourquoi du comment, je m’apprête maintenant à vous livrer mon sentiment, mon bilan 3 ans après avoir quitté Paris pour la Bretagne.

Le bilan est LARGEMENT positif. Nous disons régulièrement que c’est la meilleure décision de notre vie (à égalité avec celle de se marier et celle de faire des enfants). Oui, nous avons fait un truc fou, nous avons pris des risques mais c’était pour un mieux.

Les risques d’ailleurs, quels étaient ils finalement ? 1 – Perdre de l’argent, ce qui en soit est très désagréable mais pas mortel. 2 – Mettre en danger notre couple en raison des séparations hebdomadaires.

Au final, le risque le plus grand pour nous était surtout de rester en région parisienne en se sentant à l’étroit dans notre vie.

Bref, je vous disais la dernière fois que le signe le plus évident des bienfaits de ce changement était le fait que l’on soit heureux de rentrer chez nous à la fin des vacances. N’est-ce pas l’évidence que l’on a trouvé la place où l’on doit être ?

Pour détailler un peu plus mon bilan, voilà les points qui me viennent spontanément à l’esprit sur les avantages de ce changement de vie :

▲ le cadre de vie : nous sommes dans ce que l’on appelle une zone péri-urbaine. Ni complètement la ville, ni complètement la campagne. Nous vivons dans un village mais nous ne sommes pas isolés. Notre coin est un mélange d’anciennes maisons et de bâtiments plus récents, rien à voir avec un lotissement.  Il y a des champs et une forêt à quelques centaines de mètres, nous habitons à 300 m de l’école, nous avons quelques commerces au bout de la rue. Nous avons également la chance d’être desservis par des « food trucks » (ouais, y’en a pas qu’à Paris !) de porc, moules/huîtres, chinois… Nous sommes à 10 minutes de la plage la plus proche et à 15 minutes de la gare TGV. Nous n’en espérions pas tant !

l’espace : nous sommes passés d’un appartement de 64 m2 à notre longère de 140 m2 habitables pour presque le même prix. Et nous augmentons encore la superficie de la maison avec les travaux.

le calme : nous vivions dans un immeuble qui ne donnait pas directement sur la rue mais le bruit constant de la ville le jour et la nuit, je m’en souviens encore. Les premières nuits dans notre maison, j’écoutais le silence, un peu perturbée. Désormais, je le goûte.

la santé : j’ai vu une vraie différence sur la santé de mes enfants. Ma dernière a certes eu une grosse bronchiolite à quelques semaines mais pas des épisodes à répétition comme ses aînés. Globalement, ils attrapent les virus qui traînent mais n’ont pas de soucis chroniques comme ils avaient avant et ils sont nettement moins souvent malades. J’ai aussi remarqué que dans les semaines qui ont suivi notre déménagement, mes deux grands ont poussé d’un coup. Un peu comme les tortues qui grandissent quand on les met dans un aquarium plus grand ^__^

la famille et les amis : ma belle-famille vit à seulement quelques kilomètres et mon mari ayant grandi dans le coin, il a conservé des amis pas loin de chez nous. Sans cela, nous n’aurions pas sauté le pas. Je ne me voyais pas déménager dans une région où je ne connaissais personne. Avoir la famille proche de nous, c’est un luxe fabuleux. Je parle en terme de garde d’enfants et de services rendus mais surtout en terme de liens. Personnellement, j’aime l’idée de voir mes beaux-parents débarquer chez moi, j’aime qu’ils me proposent au débotté de garder l’un ou l’autre de mes enfants, j’aime cette proximité qui n’est pas envahissante. Nous avons trouvé un bel équilibre il me semble.

la météo : aussi étonnant que cela paraisse, la météo morbihannaise me convient bien mieux que la météo parisienne. Ici, il fait beau au moins une fois par jour. La proximité de la mer ne laisse que rarement les nuages s’installer longtemps. Et puis il fait doux. Notre plaisanterie préférée ? « Chez nous, il fait 15 °C toute l’année, plus ou moins 5°C ». Je vous assure que l’on n’est pas loin de la vérité.

le jardin : avoir sa propre terre, son propre jardin, c’est très fort pour moi. Même si en ce moment, on dirait plus un champ de bataille qu’un jardin ! Dès que possible, je relance mon potager. Et puis il me permet d’avoir mes poules, ce jardin.

la qualité de vie : quand il fait beau, c’est plage à gogo. Septembre nous a gâtés et nous en avons plus que profité. Quand il fait moins beau, on met les bottes et le ciré et on sort quand même. La campagne, les forêts et les plages environnantes sont des terrains de jeu inépuisables. On vit dehors au maximum, le jardin avec son super trampoline géant nous y aide beaucoup. On fait le plein de vitamine D toute l’année.

le temps : même si mes journées me paraissent toujours trop courtes (syndrome mère de trois enfants ?), le temps passe moins vite ici. A Paris, le temps de transport et le speed me mettaient une pression constante. Être délivrée de cela, cela n’a pas de prix.

la beauté des lieux : il n’y a pas un seul jour où je ne suis pas touchée par le décor environnant. Que j’emprunte le petit chemin derrière chez nous, que j’aille « au bourg » en voiture, que je passe le pont près de ma maison, je souris intérieurement de cette beauté. Ce que je vois me fait du bien et m’aide à me sentir bien. C’est difficile à expliquer mais c’est devenu capital dans mon quotidien et j’essaie de transmettre le goût de ces bonheurs simples mais intenses à mes enfants.

Je crois que je pourrais continuer indéfiniment cette liste car depuis le temps que j’y pense, je ne trouve toujours que deux gros défauts à cette vie. Le premier, je vous en ai déjà parlé, c’est l’impossibilité d’être livré à domicile par les restaurants. Le deuxième, c’est la difficulté à trouver des séances cinéma en VOST. Mais bon, rien de suffisant pour nous faire regretter notre choix.Reste à voir l’avenir avec des enfants qui grandissent et qui quitteront peut-être la maison après le Bac pour faire leurs études à des centaines de kilomètres. En attendant, nous savourons la qualité de vie que nous offre le présent !

 

55 commentaires

  1. Voilà un bilan qui recoupe en grande partie les arguments qui nous ont poussé à faire le même choix pour dans quelques temps. La question des enfants en moins, puisque pour nous il s’agira de leur préparer des chambres pour les vacances, ils ne seront plus au nid lorsque nous nous installerons enfin en Bretagne.

    Vivement…

  2. J’aurais pu écrire ce billet, sauf que j’ai quitté Lille et non Paris, mais mon ressenti est le même, notamment sur la santé des enfants ! Comme toi, je regrette les livraisons à domicile et l’absence de cinéma en VO, comme toi je savoure cette nouvelle vie.

  3. Après deux ans idylliques à Rennes, pour cause de mutation, mon conjoint et moi sommes partis dans le Nord. Nous n’espérons qu’une chose : revenir en Bretagne où la qualité de vie est exceptionnelle. Nous sommes littéralement tombés amoureux de cette région et pourtant nous sommes du sud ! Ce témoignage ne fait que renforcer mon amour. Ce blog est ma bouffée d’air frais parfumé au caramel au beurre salé quand le ciel du nord est un peu trop gris. Merci !

  4. Je suis prête depuis tellement longtemps… je passais toutes mes vacances d’été sur la côte Atlantique avec mes parents ou sans eux et déjà à l’époque c’était un crève coeur de revenir sur Paris, je pleurais à l’arrière de la voiture! Bizarrement mes études ne me m’ont pas conduites vers la côte ouest et mes amis et ma famille étant là j’ai cherché mon 1er emploi ici en me disant que je partirais avec mon conjoint (qui aurait forcément cet amour pour l’océan 😉 ).
    Aujourd’hui j’ai une famille et toujours cette boule dans le ventre car je ne suis pas là où je devrais être mais il faut convaincre l’homme… et surtout nous n’avons pas de famille ni d’amis de ce côté et 2 emplois à trouver.
    Moi je suis une tête brûlée, mais l’homme est plus raisonnable donc je patiente en organisant presque toutes nos vacances dans cette direction 🙂 !

    Bravo à vous de l’avoir, c’est une belle réussite.

  5. En effet, à la lecture de ton billet, on ne peut qu’acquiescer, vous avez fait votre bon choix!

    Dire que nous avons fait dans le sens inverse… avec 2 enfants quitter une maison avec un grand jardin dans le Sud du Tarn pour Paris et son appartement tout petit… Je sais que c’est que pour un temps… mais il me tarde de retrouver une meilleure qualité de vie!

  6. Pour les films (en VO ou sortant de la programmation) c’est vrai que la région de Lorient manque cruellement de salle « art et essai ». J’ai essayé en vain de voir Dancing in Jaffa au printemps dernier…
    Il y a bien la Bobine à Quimperlé mais je crois que c’est un peu loin de chez vous.
    Je ne connais pas non plus la programmation du cinéma d’Etel ? J’adore les petites salles : il y a aussi le Vulcain (Inzinzac) qui a une programmation assez intelligente.
    A part ça : vive la Bretagne 😉
    Et pour les enfants : il y a pas mal de possibilité d’études supérieures à proximité entre les pôles universitaires de Lorient, et Vannes ou à peine plus loin Brest et Rennes.

  7. je veux rentrer en bretagne!!!!!!!! :'( partie depuis trop longtemps!!! au plus proche ce sera Nantes l’année prochaine!! j’aspire à aller plus en profondeur mais pour mon parisien de chéri c’est trop d’un coup! 😀 ce post ne fait que me conforter dans mon idée! un jour je retournerai vivre en Bretagne! pas forcément à Rennes où je suis née , ni dans les côtes d’armor d’où vient ma famille mais quelque part en Bretagne !!!

  8. Joli bilan, pour une bien jolie région (je vais pas dire le contraire non plus!). Pour les enfants qui partent loin faire leurs études c’est bien souvent le cas même quand il y a tout à proximité … la liberté de s’affranchir des parents est bien souvent tentante!

  9. On sent une grande sérénité dans tes mots, j’aime beaucoup, en tant que parisienne j’imagine bien le contraste avec ta vie d’avant !
    Merci pour ces mots justement, moi qui suis parisienne de naissance (enfin, la banlieue ouest), je me suis toujours dit que je ne me voyais pas quitter l’Ile de France et puis, le temps faisant, l’âge avançant, je me dis que si, ça pourrait être le cas un jour… et du coup un article comme celui-ci aide à se projeter 😉

    1. Sérénité, oui c’est cela. Chez nous, la certitude qu’il fallait partir est venue avec l’arrivée des enfants. Avant, nous caressions l’idée, ça nous a fait passer le cap.

  10. Je ne reviens pas sur les ressemblances troublantes dans nos vécus (qui vont bien au-delà du point de départ qui est « 2 parisiennes s’installent en Bretagne » ;)).
    En tout cas le bilan est beau ! Ayant fêté le premier anniversaire de mon déménagement en août cette année, j’essaye désespérément de faire mon premier bilan de ce changement de vie… J’ai tellement de choses (positives) à dire, que je n’y arrive pas 😉

  11. Je suis inquiète à propos des séances ciné en VOSTF quand nous allons nous installer en Bretagne (été 2015 ? on y croit fort !)…j’adore le cinéma et je refuse de voir les films étrangers en VF 🙁

    1. Pareil donc ça limite beaucoup le choix ais si c’est le seul inconvénient que tu y vois, ça ne doit pas suffire pour t’arrêter. Et puis tout dépend de là où tu te trouves.

  12. Je ne commente quasiment jamais mais je lis régulièrement tes posts… Mais la, il faut le dire: je ressens exactement la même chose depuis que nous avons quitté Paris pour Nice: reconnexion avec la nature, plus proche de la famille, santé améliorée, mari moins stressé, aminci, en forme, enfants moins malades… Et qualité de vie X10!
    Nous n’avons pas encore de maison (sur la côté d’azur c’est compliqué… 😉 mais sinon, tout pareil, chaque jour on pousse un ouf de soulagement: on a fait le bon choix, et c’est aussi ce qui nous a permis de faire 3 enfants (parceque dans un appart’ parisien on se demande où on les aurait fait rentrer 😉

  13. Habitant en Bretagne (concarneau et bientôt Quimper) depuis trois ans, je ne peux qu’être d’accord avec les points noirs que tu soulignes MAIS ce sont des points évolutifs! A concarneau le ciné vient d’être racheté et les nouveaux font un gros effort sur les films en vo! Ca va peut être evoluer vers chez vous aussi, en tous cas je croise les doigts 🙂

  14. vive la bretagne !!
    nous vivons en sarthe avec mon homme et nos 3 enfants, et notre projet est d’aller s’installer dans le morbihan prochainement,
    je suis bretonne d’origine (cotes d’armor), et ça me manque !!!!

  15. Bonjour !
    Je découvre ton blog qui a tout de suite interpellé la parisienne que je suis, amoureuse d ‘un breton 🙂
    Depuis l’arrivée de notre petit garçon l’appel du Morbihan est grandissant … La description de l’endroit où tu vis réunit toutes nos conditions alors la question me brule les lèvres : mais quel est ce village ? ! Ou au moins un indice avec la gare TGV si tu ne veux pas voir débarquer toute l île de France ! Ahah

  16. Bretonne (Finistèrienne) de naissance, j’ai toujours été amoureuse du lieu où je vivais et j’ai toujours eu hâte de le retrouver en rentrant de vacances ! Il y a un confort de vie incroyable ici, et ça fait vraiment plaisir de voir combien tu t’es appropriée la Bretagne ! Est Breton celui qui aime la Bretagne ! 😉
    Je te souhaite encore tout plein de beaux moments ici !

  17. Je vous suis depuis quelques temps déjà mais viens seulement de lire ce billet. Il me touche particulièrement puisque notre petite famille est en passe de suivre le même cheminement, dans notre cas pour Rennes. Mon mari se rendra aussi à Paris une fois par semaine pour son travail.
    Je me pose pleins de questions logistiques et d’ordre professionnel pour moi mais ce qui prédomine c’est le bonheur de revenir dans notre région d’origine. Merci de partager votre bilan!

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